Législatives : soutenu par la direction parisienne, Charles Bélimont reste le chargé de mission du Rassemblement National en Martinique

élections
Charles Bélimont / RN / Rassemblement National
Charles Bélimont, chargé de mission du RN en Martinique. ©Cap/ Facebook Rassemblement National Martinique / DR
Le représentant du Rassemblement National en Martinique, conserve sa fonction de chargé de mission, après un communiqué laconique dans lequel il annonçait son retrait. Charles Bélimont était remonté contre une proche de Marine Le Pen d’origine martiniquaise, qui aurait voulu "imposer ses vues" pour la préparation des législatives. "Tout est rentré dans l’ordre" selon André Rougé, le délégué national à l’Outremer.

Charles Bélimont n’y est pas allé par quatre chemins pour faire entendre sa colère, puisque c’est dans un communiqué laconique adressé à la presse mardi 10 mai 2022, qu’il annonçait ne plus faire "fonction de chargé de mission du Rassemblement National en Martinique". Cette décision a pour le moins surpris le siège du RN à Nanterre en région Île de France, qui a passé un coup de fil à l’intéressé.  

Monsieur Bélimont est un homme qui a du caractère (…), mais tout est rentré dans l’ordre. C’était un moment de colère dû à la fatigue après la campagne présidentielle. C’est un non-évènement. L’essentiel c’est qu’il y a 4 candidats déclarés au Rassemblement National en Martinique, prêts à exploiter pour les législatives le score de Marine Le Pen, arrivée largement en tête lors de l’élection présidentielle. Tout le reste c’est de la littérature.

André Rougé, le délégué national à l’Outremer

Après 24 heures de bouderie, Charles Bélimont a finalement décidé de rester à la tête de la section locale. Car "après avoir mouillé la chemise lors de la campagne présidentielle et dans l’entre-deux tours" rappelle-t-il, "c’est l’attitude de la martiniquaise Huguette Fatna qui a posé problème".

Cette dernière adhère de longue date à l’extrême droite, mais elle est aussi membre du bureau national, 2e adjointe du maire RN (Steeve Briois) de la ville d’Hénin Beaumont et conseillère régionale. Elle a l’oreille des cadres du RN et de sa présidente en particulier.  

"Cette dame se croit légitime..."  

Charles Bélimont lui reproche dans le cadre de l’organisation de la campagne locale des législatives, de vouloir "imposer ses vues et la candidature du vauclinois Nicolas Occolier, actuellement en Allemagne, au motif qu’il est le fils de l’ancien maire".  

Cette dame se croit légitime de parler et de prendre des décisions au nom de la Martinique (…). Cela fait plus d’un mois, nous avions déjà nos 4 candidats et leurs suppléants.

Charles Bélimont

Conséquence, le militant encarté s’est rebellé et n’avait même plus l’intention de déposer sa liste en préfecture entre le 16 et le 20 mai prochain pour ce scrutin législatif au centre atlantique. Mais la direction parisienne a pu le convaincre de rester actif aux côtés des autres soutiens pour la prochaine campagne.

"Le reste, c’est la vie interne du Rassemblement National et il n’y a pas de commentaire à faire là-dessus" souligne le délégué national à l’Outremer, André Rougé. Il précise toutefois à propos d’Huguette Fatna : "Elle est élue à Hénin Beaumont et cela s’arrête là. Les droits de regard sur les fédérations d’Outremer incombent à Marine Le Pen, à Jordan Bardella et à moi-même".     

4 candidats confirmés

Autrement dit, Charles Bélimont garde la confiance des dirigeants du RN "et nous souhaitons qu’il continue à faire son travail qu’il réalise très bien" ajoute André Rougé. 4 candidats sont donc en lice sous les couleurs du parti en Martinique. Au centre atlantique Charles Bélimont, au nord Max Férraty, à Fort-de-France Cédric Crampon et finalement dans le sud, Nicolas Occolier.  

Reste à savoir si le Rassemblement National parviendra à réaliser les 11 et 18 juin 2022, le même raz-de-marée que lors du second tour de la présidentielle dans l'île, un vœu qui met au moins d’accord tous les lieutenants de Marine Le Pen, dans l’hexagone et en Martinique.