Les députés de Martinique au centre d’une semaine de haute intensité politique

éditorial
Assemblée nationale
L'hémicycle de l'Assemblée nationale. ©ASSEMBLEE NATIONALE
La politique reprend ses droits durant cette semaine du lundi 27 juin 2022 à Paris, dans les palais de la République. La rentrée parlementaire inaugurant la XVIe législature de la Cinquième République aura lieu le lendemain. Mais ce ne sera pas le seul rendez-vous de ces prochains jours.

Le premier rendez-vous de cette semaine hautement politique consiste en l’élection de la présidente de l’Assemblée nationale, ce mardi 28 juin 2022. La candidate d’Ensemble, la coalition de la majorité présidentielle, sera probablement élue au perchoir –selon le vocabulaire propre à la chambre basse du Parlement. Yaël Braun-Pivet, éphémère ministre des Outre-mer, présidente de la commission des lois dans la précédente législature, sera la première femme à occuper cette fonction. Elle occupera le quatrième rang protocolaire de l’Etat.

La ministre a été démise de ces fonctions par le président de la République ce dimanche 26 juin. Ce qui lui a valu une volée de bois vert de la part de nombreux élus de nos territoires. Dès l’annonce de sa candidature à la présidence de l’Assemblée nationale, jeudi 23 juin, plusieurs élus parlementaires et locaux se sont émus de son prochain départ de la rue Oudinot.

Le fauteuil du ministère des outre-mer - Medetom, dans le jargon du microcosme politique - est de nouveau vacant, après 36 jours d’occupation par la députée réélue des Yvelines. Il reste à savoir qui sera le nouveau locataire de la rue Oudinot, où est situé le ministère, dans le 7e arrondissement de Paris.

Un nouveau locataire à Medetom

Pour ce, il conviendra d’attendre, dans les prochains jours, la composition du nouveau gouvernement. Le président de la République a chargé la Première ministre, Elisabeth Borne, de cette tâche, une semaine après avoir refusé sa démission.

Selon l’usage, facultatif, la Première ministre doit présenter une déclaration de politique générale devant les députés, le 5 juillet 2022. Elle ne s’y est pas encore résolue. Elle craint d’être mise en minorité après le dépôt d’une motion de censure. Ce qui impliquerait sa démission, alors qu’elle vient d’être confirmée dans ses fonctions par le chef de l’Etat.

Parallèlement aux tractations pour la composition du gouvernement Borne 2, les députés vont finaliser la constitution des groupes politiques. Un moment indispensable pour organiser les travaux durant la législature de cinq ans qui s’ouvre. Conformément à leurs déclarations, les quatre députés de Martinique vont siéger dans l’intergroupe de la NUPES, mais dans des groupes différents, selon leur sensibilité politique.

Nos députés se répartissent dans la NUPES

Jiovanny William a annoncé avoir adhéré au groupe technique de la Gauche démocrate et républicaine (GDR). Ce groupe est articulé autour des 12 députés communistes auxquels se sont joint des députés de la Réunion et les trois de Polynésie. D’autres élus d’Outre-mer devraient rejoindre ce groupe où chacun disposera d’une liberté de parole et d’une autonomie de fonctionnement. Précédemment, ce groupe créé en 2007 avait été celui d’Alfred Marie-Jeanne et de Jean-Philippe Nilor puis de Bruno Nestor Azérot, remplacé par Manuéla Kéclard-Mondésir. Sauf contre-ordre, le coprésident de Péyi’a Jean-Philippe Nilor devrait y adhérer pour son troisième mandat.

Un choix effectué par l’autre coprésident de ce parti, Marcellin Nadeau. Il attendait un accord politique avec le groupe d’Europe Ecologie/Les Verts (EELV), qui n'est pas venu.

Pour sa part, Johnny Hajjar s’inscrira certainement comme apparenté socialiste. Le secrétaire général du Parti progressiste martiniquais (PPM) inscrira sûrement ses pas dans ceux de ses prédécesseurs Serge Letchimy, Camille Darsières et Aimé Césaire – ce dernier siégeant comme communiste de 1945 à 1958 puis comme non inscrit de 1958 à 1978. Apparenté à un groupe socialiste donc autonome, lui aussi.

Entre les négociations sur le profil des membres du futur gouvernement et les discussions portant sur la constitution des groupes à l’Assemblée nationale, la politique, au sens noble, a plus que jamais droit de cité dans les palais de la République. Comme nous disons en Martinique : "sé dèyè politik ki ni politik !".