Les élus de la future assemblée sauront-ils relever les nombreux défis qui s’annoncent ?

élections 2021
Serge Letchimy et ses partisans
Serge Letchimy, Bruno-Nestor Azérot, Luc Clémenté (de dos) et leurs partisans au siège du PPM dimanche 27 juin 2021. ©Martinique la 1ère
Les élus de la CTM vont trouver des dossiers urgents à traiter : la distribution rationnelle de l’eau, la réhabilitation de l’environnement pollué par le chlordécone, la dégradation continue des conditions de vie des personnes...et restaurer la confiance envers l’élite politique.

Défi. C’est l’un des maitres-mots affichés sur le fronton des édifices abritant les organes de la Collectivité Territoriale de Martinique. Les élections passées, les défis qui attendent les futurs élus de la CTM sont aussi variés que complexes. Ils sont à la mesure d’une réalité : la population a compris que cette institution majeure est, dans les faits, responsable à la fois de son quotidien et de son avenir.

Elle est perçue comme étant capable de résoudre les nombreux problèmes de fonctionnement de la société martiniquaise. Les citoyens sont persuadés, peut être mieux que certains dirigeants politiques, que les décisions les plus importantes pour leurs vies peuvent se prendre au pays, et non à Paris. Ils savent que si cet instrument est intelligemment utilisé, la Martinique s’en portera mieux.

Un vrai paradoxe, vu le taux historique d’abstention de 67,5% au premier tour et de 60% au second. Il faut voir parmi les nombreuses causes expliquant ce boycott généralisé des urnes une forme de déception. Il faut y voir aussi un signal lancé aux élus sortants, à leurs concurrents et à leurs challengers futurs.

Un signal lancé aux élus sortants

 

Peut-être que, tout simplement, le peuple a voulu signifier aux élus qu’ils disposent de tous les outils et moyens pour améliorer notre quotidien et préparer l’avenir. Il est évident que l’institution ne peut pas se contenter de mesures de court terme, vu l’acuité des difficultés qui s’accumulent.

Des questions d’ordre sociétal sont posées et à résoudre. Nous avons 20% des adultes qui sont allocataires du RSA, le revenu de solidarité active. Un chiffre qui a explosé à cause de la crise sanitaire. Faut-il s’y résigner ?

Par ailleurs, 30% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté de 879 euros mensuels. Cette proportion ne varie pas depuis dix ans. Faut-il s’y résoudre ? Et puis, 40% des jeunes partent chaque année étudier ou travailler dans l’hexagone, sans espoir de retour au pays. Faut-il le déplorer sans réagir ?

Un système politique et économique néfaste

 

Nous savons que ces désordres sont produits par le modèle économique néfaste qui créé ce marasme apparemment sans fin. Les futurs élus sont attendus sur ces sujets. Ils doivent démontrer qu’ils ont la capacité de les affronter.

Surtout qu’ils vont trouver aussi des dossiers urgents à traiter : la distribution rationnelle de l’eau, la réhabilitation de l’environnement pollué par le chlordécone, la dégradation continue des conditions de vie des personnes âgées, entre autres.

Ajoutons à ces défis un impératif civique, restaurer la confiance envers l’élite politique. Une confiance perdue dans un fonctionnement parfois incompréhensible de la CTM première version.

Les nouveaux élus partant siéger à la CTM mesurent-ils bien l’immense déception des citoyens envers le politique ? Sont-ils bien conscients qu’ils peuvent agir afin que chacun de nous retrouve espoir en notre avenir commun ?