Les saisies de "bradjaks" intempestifs devraient se poursuivre en Martinique

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Des "bradjacks" intempestifs saisis par les forces de l'ordre au Lamentin. ©RS
Depuis quelques jours, des voitures pétaradantes circulent de jour comme de nuit dans certaines communes de l’île, provoquant des détonations assourdissantes. Plusieurs de ces véhicules indésirables ont été saisis en début de semaine et les contrôles devraient se multiplier sur le territoire.

Depuis quelques années, à l’approche du carnaval et durant les jours gras, de vieilles voitures dont les pots d’échappement sont transformés, s’invitent sur la voie publique. Seul objectif de ces "bradjaks" indésirables : faire du bruit, en provoquant des détonations assourdissantes, presque comparables à des bombardements sur des terrains de guerre.

Insupportable pour la population

Au début de cette semaine, plusieurs de ces véhicules nuisibles ont été saisis et les propriétaires ont été verbalisés par les forces de sécurité. Ces interpellations sont survenues au lendemain de "manifestations festives non autorisées" en particulier d’un vidé sauvage au Lamentin, condamnées par le préfet Stanislas Cazelles dans un communiqué du 17 janvier 2022.

Les contrôles devraient s’intensifier sur le territoire, car la population ne supporte plus le bruit émis volontairement par des accélérations répétées. Les effets sont évidemment néfastes pour l’audition en général quel que soit l’âge et les personnes cardiaques en particulier.  

Les impacts sanitaires de l’exposition au bruit sont divers, comprenant l’impact sur l’audition, les effets dits "extra auditifs" (effets sur le sommeil, sur la sphère végétative, sur le système endocrinien, sur le système immunitaire, sur la santé mentale), les effets subjectifs (gêne due au bruit, effets du bruit sur les attitudes et les comportements, effets sur les performances, effets sur l’intelligibilité de la parole)…

Les plus fragiles davantage exposés

Certaines populations présentent une vulnérabilité particulière à l’exposition au bruit : enfants en milieu scolaire en phase d’apprentissage, travailleurs exposés simultanément à des nuisances ou médicaments de différents types (solvants aromatiques, monoxyde de carbone et acide cyanhydrique, antibiotiques, diurétiques, acide acétylsalicylique, anti-tumoraux), personnes âgées et personnes touchées par une déficience auditive, appareillées ou non.

anses.fr

La loi est claire 

La loi stipule que les véhicules à moteur "ne doivent pas émettre de bruits susceptibles de causer une gêne aux usagers de la route ou aux riverains".  

Les bruits émis par les véhicules à moteur circulant sur une voie située à l'intérieur d'une agglomération et où la vitesse maximale autorisée des véhicules n'excède pas 50 km/ h ne doivent pas être d'un niveau d'émissions sonores supérieur à celui fixé par arrêté du ministre chargé de l'environnement, compte tenu de leur catégorie, de leur date de première mise en circulation et des vitesses maximales autorisées sur les voies de circulation. Le moteur doit être muni d'un dispositif d'échappement silencieux en bon état de fonctionnement sans possibilité d'interruption par le conducteur. Toute opération tendant à supprimer ou à réduire l'efficacité du dispositif d'échappement silencieux est interdite.

legifrance.gouv.fr

La loi précise en outre que "le fait de contrevenir aux dispositions du présent article ou à celles prises pour son application est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe. L'immobilisation peut être prescrite dans les conditions prévues aux articles L. 325-1 à L. 325-3".  

La police et la gendarmerie restent donc vigilantes, "dans un contexte de circulation du virus sans précédent sur le territoire et de fortes tensions au CHUM, avec un personnel déjà éprouvé" rappelle le préfet de l’île, via son communiqué.