Levée des motifs impérieux : jusqu'à 9 gros porteurs par jour en Martinique

transports
Réacteur d'un avion en vol
À bord d'un avion.. ©Martinique la 1ère

À compter de ce mercredi 9 juin 2021, fin des motifs impérieux, le nombre de passagers devrait augmenter entre la France hexagonale et la Martinique avec certaines conditions toutefois. Les compagnies aériennes s'adaptent à la situation, les plans de vols sont renforcés pour faire face à la demande

 

borne enregistrement air france
La fluidité vers les bornes d'enregistrement, un défi pour les opérations. ©air france

Dans les aéroports comme dans le head management des compagnies aériennes, l’annonce de la fin des motifs impérieux a été accueilli avec soulagement. Si les passagers potentiels attendaient pour la plupart la décision gouvernementale, du côté des compagnies, il a fallu s’adapter à la nouvelle donne.

Depuis mars dernier, avec la crise sanitaire et les restrictions pour prendre l’avion, le curseur des réservations était relativement bas. A l’annonce de « la liberté de voyager », les plateformes de réservation ont tout de suite subi l’assaut des passagers pour la période des grandes vacances.

Test PCR de moins de 72 heures, mesures concernant les vaccinés

 

Pour rappel, un test PCR négatif de moins de 72h avant le départ est exigé au départ. Les voyageurs non vaccinés devront s’engager à un auto-isolement de 7 jours à l’issue duquel ils devront être testés négatifs. Les territoires antillais n’étant pas Covid-free, les voyageurs vaccinés (schéma complet) seront dispensés d’engagement d’auto-isolement.

Le décor est planté et dans les territoires de l’arc antillais, on s’attend à un afflux de voyageurs, dans les agences de voyage on indique

« Il devrait y avoir un retour massif de la clientèle et surtout ceux qui constituent la diaspora de Guadeloupe et de Martinique qui n’avaient pas pu se déplacer l’an dernier. Dès l’annonce du 19 mai dernier, la différence a été nette et on peut parler de taux de réservation croissant depuis cette période y compris avec des hexagonaux qui choisissent les Antilles pour la couverture sanitaire ».

Myriam, conseillère clientèle agences de voyages

 

Des programmes de vols renforcés pour toutes les compagnies

Côté compagnies, Air France annonce à partir de ce mercredi 9 juin de 1 à 2 vols par jour jusqu’à fin juin

« A compter du mois de juillet, nous opérerons 3 vols transatlantiques par jour : 2 à destination d’Orly et un troisième à destination de Roissy CDG. Il est encore un peu tôt pour estimer le nombre de passagers attendus, néanmoins les tendances sont encourageantes, probablement lié au fait que nos passagers, dans le cadre du programme Air France Protect, peuvent réserver en toute sérénité. En effet, et comme depuis le début de la crise, tous les billets sont 100% flexibles (échangeables et remboursables sans frais, jusqu’au jour du départ, et quelle que soit la raison). »

Edouard Diverrez, directeur commercial régional Caraïbe-Guyane d’Air France

 

 

masques en avion
Le port du masque demeure obligatoire en avion sauf au moment des services de restauration ©JCS

Pour les compagnies, avec cette recrudescence annoncée (même si l’on va sans doute retrouver des trafics d’avions proches de 2019), il faut réactiver les plannings, renforcer les staffs d’accueil, d’enregistrement avec en corollaire le respect des gestes-barrières.

« C’est pour nous une bonne nouvelle d’avoir une activité qui va monter en pression. Actuellement nous sommes à 5 vols par semaine au départ de Paris vers la Martinique et la Guadeloupe, et on va passer à 9 vols par semaine. A partir du 21 juin, c’est la haute saison et on passera à 3 vols par jour vers Fort-de-France et Pointe-à-Pitre et 1 vers la Guyane et ce, jusqu’au 15 septembre. En général, nos ventes se font en mars avril mais cette année, les niveaux étaient très bas et dès l’annonce de la levée des motifs impérieux, les antillais de la diaspora ont commencé à réserver, la demande est forte depuis 2 à 3 semaines ».

Yoann Paulin, directeur délégué Air Caraïbes

 

L'importance du respect des mesures-barrières 

 

Scan des code-barres pour vérifier l'état de la vaccination, test PCR de moins de 72 heures sont les mesures fortes pour l’ensemble des compagnies. Rappelons que le port du masque est obligatoire pendant toute la durée du vol sauf au moment de la restauration. Dans le cadre des interrogations ici ou là, les compagnies rappellent que les avions sont équipés de filtres à particule permettant un renouvellement de l’air identique à ce qui se fait dans un bloc chirurgical.

Pour Corsair, autre compagnie opérant sur le trajet transatlantique et desservant les Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin), les mesures mises en place par le gouvernement aux Antilles ont un impact positif sur les réservations. Avec deux nouveaux A330neo, premiers avions d’une série de cinq commandes qui rejoindront la flotte d’ici juin 2022, la compagnie estime toutefois que ces nouvelles arrivent tard.

Le retard sur les réservations pour la période de pointe de juillet et août ne sera jamais rattrapé. Nous enregistrons malgré tout une accélération des réservations. Le Pass Sanitaire sera un excellent outil pour le retour à la normale, ce standard international permettra de repartir dans une activité aussi normée que le transport aérien. Le programme de vol est en augmentation par rapport à 2019. Nous aurons jusqu’à 14 vols par semaine sur Pointe-à-Pitre et jusqu’à 11 vols par semaine vers Fort-de-France ».

Samuel Vivares, Directeur Régional Caraibes Corsair

aéroport FDF
Il y aura de fortes affluences à l'aéroport Aimé-Césaire avec 9 gros porteurs par jour selon les périodes. ©JCS

Avec une disponibilité de sièges, des offres tarifaires et un programme de vols conséquent, entre Paris et les Antilles, les mois de pleine saison (juin à septembre) devraient être assez chargés. Les trois compagnies ont des chiffres intéressants concernant le booking.

Après avoir fait du lobbying auprès des autorités, les professionnels du tourisme attendent beaucoup de cette période pour faire repartir l’économie des territoires…avec cette épée de damoclès puisque nos territoires ne sont pas Covid-free.