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Un livre en hommage à Roger De Jaham, l'homme qui a brisé le silence chez les békés

culture créole
Emmanuel de Reynal
Emmanuel de Reynal, vice-président de "Tous créoles", présente "Créoles tout bonnement". ©MartiniqueLa1ere
Deux ans que le publiciste Roger de Jaham est mort. En 1998, il a brisé le silence au sein de la communauté béké sur l'expression des douleurs passées. Son association, "Tous Créoles" est à l'initiative du livre hommage, présenté par Emmanuel de Reynal.

 
122 pages rendent hommage à Roger de Jaham le fondateur de l'association "Tous créoles". Dans cette première partie, le lecteur découvre l’action menée qui permettra à plus de 400 békés de reconnaître l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Dans cet ouvrage, "Créoles tout bonnement", une partie rappelle le travail accompli par l'association afin de permettre aux communautés martiniquaises de mieux se connaître.

Roger de Jaham et Henry Mangatalle, se découvrent des liens de famille


Les témoignages de Roger De Jaham, Erick Dédé, Emmanuel De Reynal, Vécile Hayot Roger, Marie-Line Mormin, Béatris Compère ou Ralph Siniamin, sont vibrants. Celui de feu Roger de Jaham, nous plonge dans le Fort-de-France d’antan. Les grandes familles, les mariages mixtes. La surprise est manifeste lorsque le grand reporter, directeur de l’information du quotidien France Antilles, Henry Mangatalle, lui avoue être son cousin germain.

L'esclavage : Il en résulte de grandes souffrances qui marquent encore profondément les martiniquais de toutes origines (Feu, Roger de Jaham)

Ce livre de 122 pages révèle le travail colossal entrepris par Roger de Jaham sur l'histoire. Il prend conscience que le silence rend exécrable les rapports entre humains et crée des tensions larvées entre communautés.

Il prend alors son bâton de pèlerin et part à la rencontre de sa communauté. Il arrive à les convaincre et obtient plus de 400 signatures en 1998 pour la rédaction d'un texte.

En 2006, lors de la commémoration du 22 mai à Fort de France, ce texte est lu publiquement. "La communauté martiniquaise est née dans l'inhumanité de l'esclavage cette sombre période a porté atteinte à la dignité de milliers d'hommes et de femmes et il en résulte de grandes souffrances qui marquent encore profondément les martiniquais de toutes origines".
 

La Martinique peut-elle faire de ces différences une oeuvre collective ?


Franchir le mur des convictions, des passions et des relations complexes doit permettre une nouvelle étape. Certes on ne peut occulter l'histoire, ni oublier, toutefois l'association appelle à la reconnaissance de tous ceux qui vivent et sont ensemble les acteurs du devenir de la Martinique. La question se pose aujourd'hui, la Martinique peut-elle faire de ces différences une oeuvre collective ?
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