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Un médecin invite le préfet à déjeuner dans sa maison proche des sargasses

Plus qu'une invitation, il s'agit d'un cri d'alarme lancé par un résident du Robert et médecin au CHUM. Selon lui la situation est grave. Il souhaite sensibiliser les autorités à ce fléau que représente l'invasion des algues sargasses sur le littoral martiniquais.

Le médecin Thierry Lebrun à coté de sa maison. © Cécile Marre
© Cécile Marre Le médecin Thierry Lebrun à coté de sa maison.
  • Par Peggy Pinel-Fereol
  • Publié le , mis à jour le
Ce courrier est devenu viral et se partage sur les réseaux sociaux (Facebook ou WhatsApp).
 Un homme qui se présente comme résident du quartier Pointe Savane au Robert, mais également "médecin anesthésiste au CHUM"* interpelle le préfet concernant la problématique des sargasses en Martinique.  



Cet homme s'appelle Thierry Lebrun. Il est effectivement professionnel de santé et l'auteur de ce courrier. Il a écrit cette lettre afin de sensibiliser les autorités parce que la situation est grave "on est face à un véritable problème de santé publique et écologique", affirme-t-il.

Il annonce également avoir tiré la sonnette d'alarme auprès de l'Agence Régionale de Santé, mais que ses alertes sont restées vaines. 


Une invitation personnelle



Les mots sont pesés, mais restent forts. Le médecin n'hésite pas à reprocher le préfet son immobilisme face aux populations qui vivent ou travaillent proche de la mer. Il l'accuse d'être "en train de les laisser s'intoxiquer !"


Pour marquer le coup, il invite le préfet à déjeuner dimanche, à son domicile envahi par les algues sargasses. Ainsi, ce dernier pourra vivre "quelques heures ce que des Martiniquais vivent 24/24h depuis plusieurs mois". 



Il n'a pas reçu de réponse du préfet pour l'instant, mais cette invitation suscite et devrait encore susciter des réactions. 



Reportage Cécile Marre et Marc Balssa. 
invit sargasses

"Bonsoir Mr le préfet,


Je suis médecin anesthésiste au CHUM, responsable du service d'anesthésie et président du conseil des blocs du CHUM
.
Ceci n'est pas important !

Les conséquences des sargasses sur la santé des Martiniquais, sur l'environnement  et sur l'écologie le sont beaucoup plus!!

Je subis ce phénomène en ligne directe, habitant un des coins, certainement un des plus touchés de la Martinique, Pointe savane, mais aussi en ligne éthique, morale et professionnelle!!!


En tant que médecin j'ai alerté l'ARS, MAIS  AUCUNE RÉPONSE!! Surprenant, surtout que je leur parlais comme professionnel de la santé avec des mesures de toxicité au-dessus de la normale et une expérimentation probante non recevable, mais réelle équivalente au dernier jugement de St Brieux...


Mon impression : on se voile la face, mais on est face à un véritable problème de santé publique et écologique et je suis malheureux de voir tous les jours les pêcheurs du Robert vendre leurs poissons au bord de mer avec cette puanteur PESTILENTIELLE (et je pèse mes mots) en toute confiance alors que vous êtes en train de les laisser s'intoxiquer!

Eu égard au profond respect que j'ai de votre fonction, je vous invite dimanche midi à venir manger un poisson frais dans mon domicile, en toute simplicité, près de l'habitant ou plutôt chez l'habitant avec vos proches (dites-moi juste combien vous êtes; pas plus que 6 svp) et vous vivrez quelques heures ce que des Martiniquais vivent H 24 depuis plusieurs mois.


J'ai un regret : de ne pas avoir assez de fond pour porter plainte contre l'état pour " non-assistance à  personne en  danger et abus de confiance" et pas assez de temps pour m'en occuper. Ceci ressemble étrangement au HIV en 84/86 où pour la première fois naissait la notion de "RESPONSABLE, MAIS PAS COUPABLE".


Je ne suis pas fâché, ni aigri, ni procédurier ou revendicatif; je suis tout simplement triste et déçu que les décideurs ne prennent pas leur responsabilité, que l'on joue de l'innocence voire incrédulité des gens, des Martiniquais, qui nous amènent en toute confiance vers de graves pathologies qui engageront notre avenir.

En l'attente de votre réponse à mon invitation ce dimanche, je vous prie de croire en ma respectueuse considération.

Dr Thierry Lebrun"

*CHUM Centre Hospitalier Universitaire de Martinique

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