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Des milices citoyennes font la loi à Saint-Vincent et les Grenadines

Un homme tabassé par la foule aux obsèques de sa femme. Un autre soupçonné de pédophilie, battu par des villageois. À Saint-Vincent et les Grenadines, les forces de l’ordre ont du mal à stopper les actions des citoyens justiciers qui pensent pouvoir faire la loi eux-mêmes.

Le Commissariat de Police, Kingstown, St. Vincent et les Grenadines © creativecommons
© creativecommons Le Commissariat de Police, Kingstown, St. Vincent et les Grenadines
  • Par Caroline Popovic
  • Publié le
Dans le cimetière, alors qu'il assistait aux obsèques de sa femme, Paul Stephens de la commune de Barrouallie situé à l’Ouest de Saint-Vincent et les Grenadines a été lapidé par une foule et roué de coups. Il a également été blessé au visage.
Les personnes présentes aux funérailles ont tenté de le protéger sans succès. Il a dû être hospitalisé et n’a donc pas pu assister à la fin des obsèques de sa femme.

Les milices citoyennes font la justice


La milice citoyenne, venue faire justice elle-même, accusait Paul Stephens d’avoir assassiné sa femme, Je-Tonnia Thomas-Stephens, âgée de 32 ans. Son corps sans vie avait été retrouvé au domicile familial le 10 mai dernier.

Selon le rapport du médecin légiste, Je-Tonnia Thomas-Stephens est morte d’une crise cardiaque. Elle souffrait d’une malformation cardiaque non détectée par les médecins. Une situation aggravée après l’accouchement de son premier enfant quatre mois avant sa mort.
Je-Tonnia Thomas-Stephens est morte d'une crise cardiaque © iwnsvg
© iwnsvg Je-Tonnia Thomas-Stephens est morte d'une crise cardiaque
À Saint-Vincent beaucoup ont refusé de croire le rapport du médecin légiste. Une photo d’une femme, la gorge tranchée, a même circulé sur les réseaux sociaux. Pourtant, la police a affirmé que la personne sur la photo n’était pas Madame Stephens. Cette dernière avait été retrouvée sans aucun signe d’acte criminel.


Les milices citoyennes ont déjà frappé


C’est la deuxième fois en l’espace d’un mois que les milices citoyennes font justice elles-mêmes. En effet, les résidents de la commune de Petit Bordel située au Nord-Ouest de l'île ont sauvagement tabassé Simeon "Gabo" François âgé de 33 ans.
Simeon 'Gabo' Francois, accusé d'agression sexuelle sur mineur a été tabassé par les milices citoyennes © iwnsvg
© iwnsvg Simeon 'Gabo' Francois, accusé d'agression sexuelle sur mineur a été tabassé par les milices citoyennes
L'homme était recherché par la police dans une affaire d’enlèvement et d'agressions sexuelles sur mineur concernant une fillette de 10 ans. Mais les milices citoyennes ont trouvé l'accusé avant la police. Ces membres l’ont passé à tabac.

La police condamne ces actions 


Les actions des milices citoyennes ont été condamnées par les forces de l’ordre. Frankie Joseph, le commissaire adjoint par intérim de la police nationale demande à la population de laisser les policiers faire leur travail.

“Si un membre de la société civile interpelle une personne recherchée, il faut la maîtriser et l’emmener dans un commissariat. Nous n’allons pas encourager ou tolérer les actions des milices citoyennes," déclare le commissaire adjoint par intérim.

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