Neuf pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU dénoncent les violences faites aux femmes en Haïti

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Les gangs ont imposé une violence permanente en Haiti ©MATIAS DELACROIX / AP
Neuf pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU, emmenés par le Brésil, ont dénoncé dans une déclaration commune, les violences faites aux femmes en Haïti, Etat gangrené par la violence, et appelé à une action internationale pour les protéger. Une déclaration a été enregistrée le jeudi 21 juillet 2022.

De janvier à fin juin 2022, l’ONU a recensé 934 meurtres, 684 blessés et 680 enlèvements dans la capitale haïtienne Port-au-Prince. Haïti est confronté à une violence  instaurée par la guerre des gangs. Ils s'attaquent aussi aux  jeunes, et en particulier les femmes et les filles, qui signalent avoir été victimes de violence sexuelle.

À Cité Soleil (dans l'arrondissement de Port-au-Prince),  de nombreuses femmes et des filles  sont violées ainsi que des garçons qui sont recrutés de force par les gangs.

Une action globale et urgente

Neuf pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU, emmenés par le Brésil, ont dénoncé jeudi 21 juillet 2022 dans une déclaration commune, les violences faites aux femmes en Haïti, Etat gangrené par la violence, et appelé à une action internationale pour les protéger.

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Enlèvements, violence et insécurité dans les rues. de Port-au-Priince ©MATIAS DELACROIX / AP

Il existe des "rapports alarmants de viols et d'esclavage sexuel" dans les quartiers de la capitale Port-au-Prince contrôlés par des gangs, a déclaré à l'ONU le vice-président brésilien, Hamilton Mourao, accompagné de représentants d'Irlande, de Norvège, de France, du Royaume-Uni, du Mexique, du Kenya, d'Albanie et des Emirats arabes unis.

"Ce sont des crimes contre les femmes et les filles de tous âges, ainsi que contre les hommes et les garçons", a-t-il ajouté en lisant la déclaration commune aux neuf pays.

En reconnaissant qu'il est "difficile d'évaluer les dimensions réelles du problème", le responsable brésilien a appelé à une "action globale urgente de la communauté internationale" pour lutter contre ces violences.

 Des gangs lourdement armés contre la population locale.

Le 16 juillet dernier, Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’est déclaré profondément préoccupé par l'aggravation de la violence à Port-au-Prince 

"Nous demandons instamment aux autorités de veiller à ce que tous les droits humains soient protégés et placés au centre de leur réponse à la crise. La lutte contre l'impunité et les violences sexuelles, ainsi que le renforcement de la surveillance et de l’établissement de rapports en matière de droits de l’homme, doivent rester une priorité.

Jeremy Laurence, porte-parole du HCDH (Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme)

Genève

La semaine dernière, le Conseil de sécurité de l'ONU avait renouvelé pour un an le mandat de sa mission politique en Haïti. Il avait alors demandé aux Etats membres de l'Organisation d'interdire le transfert d'armes légères aux gangs sévissant en Haïti, sans aller jusqu'à décider d'un embargo, comme l'avait réclamé avec insistance la Chine lors des négociations menées par les Etats-Unis avec le Mexique.