Un octogénaire meurt en prison à la Jamaïque après avoir attendu 40 ans pour son procès

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La prison de Tower Street à Kingston, Jamaïque. ©jamaicaobserver
Noël Chambers, âgé de 81 ans lors de son décès, avait été accusé d’homicide en février 1980. Son procès a été renvoyé à plusieurs reprises. Selon le juge, Chambers n’était pas apte à comparaître. A la Jamaïque, plus d’une centaine de détenus sont dans la même situation.
 
Noël Chambers est mort dans des conditions atroces.  En janvier 2020, il est transporté de sa cellule vers l’hôpital où il meurt d’une insuffisance rénale.

Selon le rapport du légiste, le corps de Noël Chambers présentait des signes d’une négligence inhumaine.
 

Ses vêtements étaient crasseux. Il était émacié. Il était couvert de morsures de rat.  Il avait une infestation des punaises vivantes et des escarres.
(Terrence Williams, commissaire de la Commission Indépendante, INDECOM).
 

Noël Chambers était en détention provisoire depuis 40 ans. Accusé d’un homicide en 1980, son procès n’a jamais eu lieu. Le juge a décidé qu’il était psychologiquement inapte à comparaître.

À  deux reprises pendant les 4 décennies de sa détention provisoire, les experts l’ont jugé capable d’assister à son procès. Il n’a jamais été convoqué.  
 

Noël Chambers n’est pas un cas isolé


Selon un rapport publié par l’INDECOM, qui enquête sur les bavures policières et les conditions carcérales, près de 150 personnes, avec des problèmes psychiatriques, sont en détention provisoire.

7 d’entre elles, sont derrière les barreaux depuis 40 ans. 15 autres attendent leurs procès depuis 30 ans. La majorité est accusée de vols par effraction. La durée de détention provisoire a largement dépassée la sentence pour ces crimes.
 

Un système en faillite à la Jamaïque 


Trop souvent les juges jamaïcains envoient les accusés, ayant des troubles psychiatriques, en détention provisoire en milieu carcéral. Une loi, peu appliquée, prévoit une évaluation de ces personnes dans des centres spécialisés.

La Commission indépendante estime que les droits constitutionnels de ces individus ont été bafoués. Elle préconise une révision en urgence des procédures de détention provisoire établis par les tribunaux pour des personnes jugées mentalement inaptes.
 
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