martinique
info locale

Outre-mer : après l’abattement fiscal, la prime de vie chère remise en cause ?

économie
Signature de l'accord entre les collectivités d'Outre-mer et le gouvernement
©JACQUES DEMARTHON / AFP
Le gouvernement va-t-il remettre en cause la prime dite de vie chère de 40% servie aux fonctionnaires ? Rien n’est encore décidé sur ce plan, mais rien ne lui interdit d’y penser.
 
La réforme de l’abattement fiscal annonce-t-elle la suppression des 40% ? Pourquoi le gouvernement s’arrêterait-il en si bon chemin ? Il s’attaque à ce qu’il considère comme un privilège injustifié. La réduction sur l’impôt sur le revenu a été instaurée il y a près de 60 ans. Il s'agissait de répondre au différentiel de niveau de vie entre la France continentale et l’Outre-mer.

Hormis quelques produits, les prix ont toujours été plus élevés dans les anciennes colonies que dans l’ancienne métropole. Leur transformation en départements n’a rien changé sur ce plan. D’où le souhait du gouvernement de Michel Debré, en 1960, de corriger cette disparité, le temps que les niveaux de vie s’harmonisent.
 

Les 40% : rien n’est encore décidé, mais rien n'interdit d’y penser


L’histoire a montré que l’opération est impossible. Désormais, le gouvernement, fidèle à sa doctrine des économies budgétaires, veut dégager des recettes nouvelles en Outre-mer et les réinjecter sur place. Les 70 millions d’euros récoltés grâce à la réforme fiscale seront utilisés pour l’investissement productif. Une somme complétée par 100 millions d’euros de la TVA non perçue par l’État.D’où la question : pourquoi pas, demain, suivre la même logique en remettant en cause les 40% ? Cette prime servie aux fonctionnaires a des traits communs avec l’abattement fiscal. C’est une mesure dictée par les circonstances mais qui contribue à la cherté de la vie et génère des inégalités sociales permanentes.

Cette sur-rémunération pèse environ 1,6 milliard d’euros par an. Sur le plan politique, qui pourrait s’opposer à sa remise en cause ? Le jour venu, cette réforme sera sûrement acceptée par ceux qui n’en bénéficient pas, soit la majorité des salariés. Même si, et cela n’est pas le moindre paradoxe, cet avantage sera sûrement défendu par nos autonomistes et nos indépendantistes.
 
Publicité