Outre-mer : un budget en trompe-l’œil

éditorial
assemblée nationale
©Assemblée nationale
Les députés ont adopté à une large majorité, jeudi 17 novembre, dans un hémicycle quasiment vide comme d’habitude, le budget de l’outre-mer. Les 2 milliards d’euros prévus représentent moins du sixième des dépenses publiques effectuées dans nos pays. 
Les députés ont adopté à une large majorité, jeudi 17 novembre, le budget de l’outre-mer. C’est le dernier du quinquennat de François Hollande. Deux milliards d’euros à répartir entre les 11 collectivités territoriales : l’outre-mer devra se contenter de la portion congrue, une fois de plus, avec 0,14% du budget de l’Etat prévu à 1.400 milliards. Rien de surprenant ni d’inhabituel, car ce sont les mêmes proportions qui sont appliquées depuis des années.

Ces deux petits milliards peuvent paraître nettement insuffisants, eu égard à nos besoins, dans tous les domaines.

Première réponse : le budget géré directement par le ministère du même nom ne représente que 15% des sommes injectées par l’Etat dans nos pays. L’essentiel est assuré par les autres ministères, notamment ceux en charge de l’Education, de l’Intérieur, de l’Agriculture, de la Défense, de l’Economie.

Deuxième réponse : les sommes distribuées par notre ministère concernent des programmes que l’on ne retrouve que dans nos territoires, le logement social et le SMA en étant les exemples les plus emblématiques.

Ce qui amène une observation : le montant des crédits outre-mer variant peu depuis plusieurs années, le montant total des dépenses publiques varie tout aussi peu. CQFD. Sachant, contrairement à une légende, que les dépenses par habitant sont nettement inférieures outre-mer que celles engagées dans le reste de la France, comment justifier cette différence de traitement que l’on peut qualifier de discrimination ?

Trêve d’acrimonie : la loi sur l’égalité réelle vient d’être votée. Bémol : elle prendra son plein effet sur les vingt prochaines années. Et cela après 70 ans de régime départemental. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Ou comme nous disons au Carbet, " two présé pa ka fè jou wouvè".

Les Outre-mer en continu
Accéder au live