Oxygénothérapie à domicile pour désengorger le CHU de Martinique, aux prises avec la Covid-19

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Oxygène à domicile / Covid-19
Première patiente du dispositif "kovidhome972" mis en place par le CHUM pour désengorger ses services (août 2021). ©Facebook Préfet de la Martinique
Face à la saturation de ses services à cause de la Covid-19, le CHU de Martinique propose la poursuite des soins à domicile aux malades dont l'évolution clinique est favorable après avoir contracté le virus, mais nécessitant encore une assistance en oxygène.

Le CHUM vient de mettre en place le "KOVIDHOME972". Ce dispositif vise à poursuivre la "prise en charge thérapeuthique de manière sécurisée à domicile de patients ayant été atteints par le coronavirus", mais qui ont encore besoin d’oxygène.

"KOVIDHOME972" a été élaboré à la demande du CHU de Martinique, en collaboration les libéraux et les différents services et structures (infectiologie, pneumonie, médecine physique et de réadaptation, hospitalisation à domicile, prestataires en oxygène, IDEL et médecins traitants). Ils sont tous impliqués dans la prise en charge des nombreux malades qui se bousculent dans les couloirs de l'hôpital.

Un concentrateur d’oxygène à la maison

 

Les patients concernés éligibles à cette "sortie précoce", seront assistés à la maison par un concentrateur électrique lequel génère de l’oxygène, en utilisant l’air ambiant après filtration. Cet air concentré en O2, sera ensuite absorbé par le malade à l’aide de lunettes à oxygène ou d'un masque.  

Mais pour assurer l’équipement, le suivi et la surveillance des paramètres vitaux de ces patients sous oxygénothérapie à la maison, les syndicats d’infirmières et infirmiers libéraux, les URPS, ainsi que les 4 principaux prestataires en oxygène de l'île, ont été sollicités par le Centre Hospitalier Universitaire.

Oxygène / santé
Concentrateur électrique d’oxygène à domicile. ©Capture humanairmedical.com / Devilbiss

 

La tour de contrôle c’est le CHUM.

 

Cela nous permet de diminuer la durée d’hospitalisation des malades Covid, tout en continuant à les suivre à distance. L’infirmière libérale nous fait un compte rendu 2 fois par jour et le prestataire s’assure que l’apport en oxygène fonctionne.

 

Tous ces malades sont convoqués plus tard pour évaluer la mise en œuvre d’un sevrage à terme, via des tests d’effort.

 

Environ 40 infirmières libérales se sont déjà portées volontaires.

 

En tous cas, le monde sanitaire martiniquais sera toujours au chevet des concitoyens, et nous partageons la peine de toutes les familles victimes du Covid-19.  

(Kim Benchikh – coordinateur médicale du "KOVIDHOME972")

 

Une journée d’alimentation en oxygène coûte environ 18 euros par jour, un dispositif pris en charge par la sécurité sociale.

Le CHU compte actuellement entre 60 et 80 concentrateurs, lesquels sont réexploités après une dizaine de jours d’utilisation en moyenne par patient, en fonction de son évolution.

Plus de 30 malades inscrits

 

"Avant d’être remise dans le circuit au service d’autres personnes, la machine est scrupuleusement nettoyée et contrôlée" précise le docteur Benchikh.

 32 malades sont à ce jour inscrits au programme "KOVIDHOME972".