Un pas de plus franchi vers la connaissance de l’histoire coloniale

politique
Edouard Philippe et Jean-Marc Ayrault
Signature d’une convention de partenariat entre l’État et la Fondation pour la mémoire de l’esclavage avec l'actuel Premier ministre Edouard Philippe et Jean-Marc Ayrault, Président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. ©Carine Schmitt / Hans Lucas
La Fondation pour la mémoire de l’esclavage a enfin été créée par un décret du 12 novembre 2019. Ce pas supplémentaire vers la connaissance de l’histoire coloniale est un signal fort envoyé aux citoyens de tout l’archipel français.
 
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’esclavage sans oser le demander, ni où savoir le chercher : c’est l’objectif de la nouvelle-née, Fondation pour la mémoire de l’esclavage. Présidée par Jean-Marc Ayrault, elle a pour ambition de diffuser les connaissances passées, actuelles et futures ayant trait à la dimension coloniale de l’histoire de la France.

C’est en tant qu’ancien maire de Nantes que l’ancien Premier ministre a été choisi en 2016 par l’ex-président socialiste François Hollande pour mener à bien la création d’une telle institution. Sa ville a été la première à se retourner sans complaisance sur son passé, au contraire de la frileuse La Rochelle et de l’hypocrite Bordeaux.

Se tourner vers son passé pour l’assumer


La fondation remplace le Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage. En 15 ans d’existence, il a largement montré son utilité. Lors de la cérémonie de lancement, l’actuel Premier ministre, venu de la droite, Edouard Philippe, précisait sa mission de la nouvelle institution : "L'esclavage en territoire français fut et reste une abomination qu'il convient d'étudier, de commémorer et de dénoncer comme tel".

Le travail mené par les spécialistes depuis 30 ans dans ce domaine porte. L’ancienne métropole progresse sur ce sujet délicat. Pourtant, l’histoire de l’esclavage reste largement méconnue. La loi Taubira de 2001 dit clairement que "les programmes scolaires et les programmes de recherches en sciences sociales doivent accorder à la traite négrière et à l'esclavage la place conséquente qu'ils méritent".
 

Un travail lent et constructif


Pourtant, cette recommandation n’est guère suivie, dans nos territoires y compris. Les populations des anciennes colonies demeurent globalement ignorantes des dates les plus importantes, des faits majeurs, des personnages illustres ayant marqué la société au temps de l’esclavage.

En ce sens, la Fondation présidée par Jean-Marc Ayrault sera bien utile dans nos territoires aussi. Ne serait-ce que pour que tous les citoyens français aient le même niveau d’information et donc, de conscience de là d’où ils viennent.
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