Une petite embellie économique

Cette année, les parents dépensent un peu plus pour les cadeaux de noël de leurs enfants
Les différents indicateurs économiques de Martinique ont encore grimpé et l’on perçoit quelques signes de regain d’activité selon l'IEDOM dans sa note de tendances conjoncturelles. La fin de l'année  2016 ne devrait que confirmer la tendance générale qui se dégage depuis quelques mois. 
En cette période de fêtes, la consommation des ménages de ce mois de décembre devrait soutenir la croissance au quatrième trimestre. De nouvelles données publiées, jeudi 15 décembre, par l’IEDOM, (l’Institut d’Émission des Départements d’Outre-mer), ont confirmé ce que les indicateurs laissent penser depuis des mois : des signes de regain d’activité, une éclaircie sur le marché du travail, une consommation qui marque le pas. La tendance à la hausse devrait se confirmer dans bien des secteurs en cette fin d'année.

Le climat des affaires  

L’indicateur du climat des affaires (ICA) s'est stabilisé (+0,4 point) lors du troisième trimestre de 2016, mettant fin à la baisse observée depuis quatre trimestres. L'économie martiniquaise n’apparaît pas en difficulté, elle peine cependant à amorcer un nouveau cycle de croissance. Dans ce contexte, les intentions d’investissement des chefs d’entreprise affichent un ralentissement sur les trois premiers trimestres de 2016. Les prévisions pour la fin de l’année sont plus favorables, avec toutefois des situations très variées en fonction des secteurs.

L'inflation

Au troisième trimestre 2016, l’indice des prix à la consommation est stable (0,0 %) après +0,3 % au trimestre précédent. Les prix de l’alimentation (+0,6 %) et des services (+0,2 %) se raffermissent sur le trimestre alors que les prix des produits manufacturés et de l’énergie diminuent (respectivement -0,5 % et -0,3 %). En rythme annuel, les prix à la consommation sont orientés à la baisse (-0,3 %), en lien avec une sensible contraction des prix de l’énergie (-5,7 %) et des produits manufacturés (-1,4 %), qui compensent la légère hausse des prix de l’alimentation et des services (respectivement +1,0 % et +0,9 %). 

Le marché du travail

Marché de l'emploi au 3ème trimestre de 2016
À fin septembre, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A s’établit à 41 820, au plus bas depuis septembre 2011. Comme au deuxieme trimestre, il continue de reculer à un rythme soutenu : -1,5 %  par rapport à fin juin, et -5,2 %  sur un an. Cette embellie est portée par les classes d’âge les plus jeunes. Le nombre de DEFM (Demandeurs d'emploi en fin de mois) catégorie A baisse ainsi de 13,7 % sur un an pour les moins de 25 ans, tandis que la diminution est de 7,2 % pour les 25 à 49 ans et que la situation se détériore pour les plus de 50 ans (+2,2 %). Ces signes encourageants sont cependant à interpréter en lien avec la hausse concomitante du nombre de DEFM en formation ou en stage (+13,2 %, par rapport au trimestre précédent et +16 %, en glissement annuel). 

Consommation des ménages

Dans le secteur du commerce, les indicateurs évoluent de façon contrastée. Le chiffre d’affaires des hypermarchés observe un léger rebond (+1,3 %), il enregistre une baisse (-1,1 %) par rapport à 2015. Inversement, les importations de biens de consommation, ainsi que les ventes de véhicules de tourisme sont en repli sur le trimestre (respectivement -3,1 % et -5,4 %) alors que comparativement à 2015 elles sont bien orientées (respectivement +5,2 % et +3,9 %. En revanche, les importations de biens d’équipement électrique et ménager sont en baisse tant sur le troisième trimestre (-6,0 %) que sur l’année (-12,9 %).Décembre, dernier mois, traditionnellement marqué par une relance de la demande, pourrait redynamiser la consommation ainsi que l’activité commerciale. 
Les rayons des téléviseurs et écrans plats sont très fréquentés

L'investissement 

Après plusieurs trimestres d’une conjoncture hésitante, les entrepreneurs sont plus réservés quant à leur effort d’investissement. En termes sectoriels, seuls les chefs d’entreprise du tourisme et de l’industrie agroalimentaire reconduisent leurs intentions d’investissement. Toutefois, en dépit du pessimisme affiché dans les autres secteurs, les indicateurs sont relativement bien orientés. En effet, les importations de biens d’équipement s’accélèrent sur le troisième trimestre (+8,3 %), et sur un an (+2,9 %). De même, les immatriculations de véhicules utilitaires se redressent sur le trimestre (+13,7 %), comme en glissement annuel (+4,8 %). Enfin, les indicateurs de vulnérabilité des entreprises s’améliorent : le nombre de personnes morales en interdiction bancaire poursuit son repli (-0,4 % sur le trimestre et -1,9 % en glissement annuel).

Les échanges commerciaux. 

Les importations progressent en juillet, août et septembre (+2,1 %,). Cette hausse est portée par les importations de matériels de transport (+8,4 %) et d’équipements mécaniques, matériel électrique et informatique (+6,8 %). De même, les exportations, hors produits pétroliers, repartent à la hausse sur cette même période (+8,6 %), essentiellement tirées par les exportations de produits agricoles (+16,2 %) et agroalimentaires (+9,3 %). Après un deuxième trimestre en repli, les exportations dans ces secteurs retrouvent leur niveau du début de l’année. Par ailleurs, les échanges de produits pétroliers s’intensifient : les importations (+30,6 %) et les exportations (+34,6 %) progressent de façon significative en valeur sur trois mois. Au global, les exportations et les importations sont en hausse sur le troisième trimestre (respectivement +18,3 % et +7,0 %) et sur un an (+0,9 % et +1,5 %). 
les importations augmentent en volume

Le BTP

Le secteur est en difficulté. La faiblesse de la commande publique et l’absence de relance de programmes de construction immobiliers se reflètent sur les ventes de ciment, qui affichent au troisième trimestre 2016, et pour le sixième trimestre consécutif, une baisse de 3,2 %. Sur l'ensemble de l'année les ventes de ciment (en vrac et en sac) chutent de 14,4 %. En parallèle, les importations d’éléments en métal pour la construction sont également en baisse en Juillet, août et septembre (-3,3 %), comme en glissement annuel (-0,1 %).
Chantier du TCSP au Lamentin

Industrie et commerce

La baisse des ventes de fioul (-12,1 %), essentiellement destinée à l’industrie, confirme la détérioration du courant d’affaires. Les entrepreneurs du secteur des services aux entreprises portent un regard négatif sur l’évolution de leur activité. Au sein du secteur du commerce, les professionnels font état d’une activité atone, qui fait écho au plafonnement de la consommation des ménages sur le troisième trimestre de 2016.

Dans le secteur primaire mais aussi dans l'agroalimentaire, le courant d’affaires s’améliore nettement. Les exportations sont tirées à la hausse par l’accélération significative des exportations de bananes et de rhum qui progressent respectivement sur le trimestre de +12,0 % et de +39,4 %. 
Produits de l'industrie martiniquaise (illustration).

Le tourisme

Après un premier semestre dégradé en raison du Zika, la fréquentation semble avoir été stimulée par les grandes vacances de juillet et août. Les chefs d’entreprise du secteur constatent une reprise de l’activité, que traduit également l’évolution du trafic aérien. Le nombre de passagers à l’aéroport augmente de 2,6 % sur le trimestre et encore davantage sur un an (+9,3 %). L’hôtellerie semble avoir profité de cette embellie. En comparant le troisième trimestre 2015 avec le troisième trimestre 2016, malgré un recul du taux d’occupation (-0,5 point), on observe une progression du chiffre d’affaires dégagé par le secteur de 4,6 %. 
l'activité est soutenue à l'aéroport Aimé Césaire

Synthèse

L'économie Martiniquaise tente de se redresser durablement. Le niveau global de l'activité se maintient dans un contexte économique qui peine à se relancer. L'opinion des chefs d’entreprise décrit un volume d’activité en diminution. Ils estiment par ailleurs que des tensions persistent sur les charges d’exploitation malgré une trésorerie et des prix plutôt bien orientés. Néanmoins, la plupart des indicateurs économiques traduisent davantage un plafonnement de l’activité qu’une mauvaise orientation de la conjoncture.