Plus de policiers et de gendarmes sur le terrain… le chef de l’Etat annonce de nouvelles mesures pour les forces de l’ordre

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Emmanuel Marcon / sécurité / police gendarme
Le Président de la République, Emmanuel Macron, à Roubaix, lors du discours de clôture du "Bauvau de la sécurité" (14 septembre 2021). ©Ludovic Marin / Pool / AFP
Emmanuel Macron a annoncé ce mardi 14 septembre 2021, de nouvelles mesures en faveur des policiers et des gendarmes. "Plus de bleu sur le terrain" a annoncé le Président de la République, lors de la clôture du "Beauvau de la sécurité" lancé en Février dernier.

C’est à l’Ecole Nationale de Police de Roubaix (ville du nord de la France), que le chef de l’Etat a clôturé le "Beauvau de la sécurité". Cette concertation nationale consistait à "apporter des réponses concrètes immédiates, mais aussi de poser les fondements d’une ambitieuse loi de programmation et d’orientation de la sécurité intérieure à l’horizon 2022" avait souligné le premier ministre, Jean Castex à l'ouverture, le 1er février 2021.

Emmanuel Macron a annoncé une enveloppe de 500 millions d’euros supplémentaires dès 2022, pour accompagner une série de nouvelles mesures en faveur des policiers et des gendarmes.

J’ai décidé que nous porterons une loi de programmation pour la sécurité intérieure (…).

 

Le but est de penser la police et la gendarmerie de 2030.

(Emmanuel Macron)

 

A charge pour le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, de mettre en œuvre cette loi de programmation, laquelle doit être présentée en conseil des ministres début 2022.

Les principales annonces du Président

 

Simplification des procédures pénales : l’objectif est de dégager du temps aux forces de l’ordre et à la justice, autrement dit, moins de paperasse. Cela passe par "une simplification drastique des cadres d'enquête, la généralisation des PV de synthèse pour les petits délits et l'utilisation de nouveaux moyens offerts aux enquêteurs pour permettre d'éviter les saisines parfois longues d'entretiens qui peuvent être filmés", a précisé Emmanuel Macron.

L’effectif des policiers et gendarmes multiplié par 2 sur la voie publique sur dix ans : "Plus de bleu sur le terrain" a promis le Président, avec moins de tâches administratives au bureau.

Dépôt de plainte en ligne à partir de 2023 : Aujourd'hui, seule une pré-plainte peut être déposée via internet.

Déploiement rapide des caméras-piétons : une demande des forces de l’ordre pour "éviter tout dérapage des interpellés". Quelque 15 000 caméras sont déjà déployées sur le terrain. 15 000 autres doivent être envoyées aux forces de l’ordre. Elles "sont bonnes pour prévenir des violences, mais aussi dans la suite judiciaire. (...) Je vous confirme le déploiement d'une caméra-piéton par patrouille, c'est une véritable révolution", se félicite Emmanuel Macron.

Mise en place d’une instance de contrôle parlementaire des forces de l'ordre : Emmanuel Macron explique que les rapports de l’IGPN, la police des polices, et de l’IGGN (pour la gendarmerie), seront rendus publics. De plus, "une instance de contrôle des forces de l'ordre sera créée pour évaluer les forces de l'ordre, sur le modèle de la délégation parlementaire aux renseignements", annonce le président, "pour procéder à l'évaluation de leur action (...). Nous devons tendre à l'irréprochabilité".

"Les français vous aiment, la nation vous aime"

 

Ecoutez toujours les critiques. Chacune et chacun d’entre nous doit le faire pour nous améliorer.

 

N’écoutez jamais les cris de haine.

Ils sont indignes.

 

Les français vous aiment, la nation vous aime.

(Le Président de la République, Emmanuel Macron).

 

Les mesures annoncées devraient se concrétiser, sous réserve que le chef de l’Etat soit réélu lors de la prochaine présidentielle, si toutefois il est candidat à sa succession. Mais à ce jour, Emmanuel Macron ne s’est pas déclaré.

Réactions syndicales

 

Le discours du Président est globalement intéressant et semble favorable aux forces de sécurité.

 

Il faudra aussi voir comment cela va se décliner pour les territoires ultramarins, notamment par rapport au vieillissement des effectifs actifs de la police (environ 120 fonctionnaires toutes directions confondues), en maintien et en prolongation d'activité, par rapport à notre spécificité insulaire (...).

 

Nous attendons donc la mise en œuvre concrète et pour cela, les 6 prochains mois seront déterminants.

Reste à voir les modalités d'application.

(Thierry Baucelin - secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale)

L’UNSA police Martinique prend acte des annonces faites par le Président de la République concernant les moyens matériels, les équipements, la formation mais aussi la simplification de la procédure pénale et le contrôle des forces de l’ordre.

 

Nous tenons cependant à rappeler que la police nationale figure déjà parmi les institutions les plus contrôlées.

 

Nous serons attentifs à la mise en place de ces annonces, lesquelles nous l’espérons, seront suivies d’effets en Martinique, au vu du peu de moyens dont nous disposons, en matériels et en effectifs.

(Rodolphe Nourel, secrétaire territorial UNSA-Police)

Nous constatons une prise en compte des demandes effectuées par l'ensemble des policiers notamment dans la simplification de la procédure pénale et sommes ravis de constater que le Président de la République prenne conscience de l’impérial besoin de recrutement d'effectifs afin d'être plus présents sur la voie publique.

 

Cependant les besoins en effectifs et matériels se font ressentir de manière cruciale et urgente à la Martinique.

 

Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre 2030...

La sécurité des Martiniquais ne peut se permettre d’attendre encore 9 ans (...).

 

La Martinique est un département aux frontières poreuses, les mesures ne nous permettront pas de réduire les trafics d’armes et de drogues qui endiguent notre Iles (...).

Seul un renfort immédiat nous permettrait de sortir des problèmes que nous connaissons (...).

 

Nous recevons avec beaucoup de satisfaction, la proposition de la mise en place d’un contrôle  parlementaires des procédures IGPN et GIPN.

Cela permettra de balayer d’un revers mains ceux qui pensent que ces deux institutions protégeaient certaines violences dites "policières".

 

Ce satisfécit, permettra à la grande majorité des policiers de terrain de ne plus être stigmatisée par la population qu’elle protège. 

 

Maintenant, nous espérons que toutes ces promesses et déclarations politiques ne resteront pas sans effet, à l’approche de la prochaine élection  présidentielle.

(Intidar Jouini - secrétaire départemental adjoint UNITESGP Police PATS 972)