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Politique : un budget de la CTM pour temps difficiles

éditorial
Majorité CTM
Une partie de la majorité de l'Assemblée de la CTM (23 novembre 2016) ©Martinique 1ère
Au terme de sa première année d’existence, l’Assemblée de Martinique a voté premier budget préparé par la Collectivité Territoriale, en baisse par rapport à celui de 2016. Un acte politique majeur qui laisse augurer de temps difficiles, dans un contexte de baisse des finances publiques.
Comme il fallait s'y attendre, le premier budget portant la marque de la majorité de la Collectivité Territoriale de Martinique subit une baisse par rapport à celui de l’année première : 1,102 milliard d’euros contre 1,211 milliard d’euros, en recul de 110 millions d’euros, soit 9,04%. Pourtant, il nous avait été assuré que le budget de la nouvelle institution serait la simple addition de ceux des deux anciennes, le Département et la Région. Ce qui a été le cas en 2016. Or, les sommes votées cette année sont moins importantes.

Les élus de tous bords déplorent depuis longtemps la baisse continue des dotations versées par l’État, ces crédits pris sur le budget voté par le Parlement. Nous y voilà ! Comme en outre, plusieurs de ces dotations sont calculées sur la base de la population qui ne cesse de baisser chez nous, le niveau des recettes publiques devient impossible à maintenir. Les seules marges de manoeuvre des collectivités locales restent les impôts locaux et les taxes, comme la taxe spéciale sur le carburant (la TSC) pour la CTM. Ou encore l’octroi de mer, dont le montant global dépend de la quantité et du prix des marchandises achetées à l’extérieur.

Faire mieux avec moins...

Quoiqu’il en soit, faire mieux avec moins devient la règle dans les institutions publiques. De nouveaux défis s'ouvrent devant nos élus. Par exemple, la modulation des aides sociales, qui risque d’être repensée, à l'instar de ce qui se pratique à Saint-Martin pour l'attribution du RSA. En Martinique aussi, il faudra peut-être choisir bientôt entre donner autant à moins d’allocataires, ou donner moins à un plus grand nombre d’allocataires. Une hypothèse encore théorique, certes. L’expérience nous enseigne que l'improbable n’est pas forcément impossible.

La baisse continue des budgets publics nous commande, plus que jamais, de mettre l'imagination au pouvoir. Pour que nos élus réussissent, ce sera pour eux une étape obligatoire.
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