martinique
info locale

Politique : quels ministres ultra-marins au gouvernement ?

éditorial
La galaxie Macron Outre-mer
©DR
Le gouvernement comprendra-t-il des ministres venant de l’outre-mer ? Qui sera nommé au ministère de l’Outre-mer ? Plusieurs noms circulent, sans confirmation. Et pourquoi pas des personnalités de Martinique ? Attendons pour voir.
Le gouvernement comprendra-t-il des ministres natifs de l’outre-mer ? La probabilité est forte, vu la force de la coutume remontant au gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac, en 1986. Il avait nommé deux secrétaires d’Etat : la Guadeloupéenne Lucette Michaux-Chevry à la Francophonie ; le Polynésien Gaston Flosse chargé des problèmes du Pacifique sud. Edouard Balladur a procédé de même, en 1993, dans le second gouvernement de cohabitation. Il a choisi la Réunionnaise Margie Sudre, à la Francophonie et, une nouvelle fois, Lucette Michaux-Chevry, comme ministre déléguée à l’Action humanitaire et aux Droits de l’homme.
 
Nouvelle étape en 2009. Pour la première fois sous la Cinquième République, le ministère de l’Outre-mer est confié à une personnalité qui en est originaire. Marie-Luce Penchard, conseillère du président Nicolas Sarkozy devient secrétaire d’État puis ministre. Depuis, ces fonctions sont occupées par un ou une native d’outre-mer : le Guadeloupéen Victorin Lurel, la Guadeloupéenne George Pau-Langevin, la Réunionnaise Ericka Bareigts. Tous trois ont été nommés durant la présidence de François Hollande, qui a également appelé au gouvernement la Guyanaise Christiane Taubira, à la Justice, et Annick Girardin, de Saint-Pierre-et-Miquelon, à la Fonction publique.
 
Aucune personnalité de Martinique n’a été ministre sous la Cinquième République, au contraire de la Troisième République. Henry Lémery a été sous-secrétaire d’Etat au Commerce, à l’Industrie, aux Postes et Télégraphes, aux Transports maritimes et à la Marine marchande dans le dernier gouvernement de Georges Clémenceau, de 1917 à 1920. Il a occupé, brièvement, durant deux semaines, le siège de ministre de la Justice en 1934. Un autre élu politique, le député de gauche Alcide Delmont, a été nommé en novembre 1929 sous-secrétaire d’État aux Colonies. Des fonctions occupées durant une année.
 
C’est à croire que depuis 1958, aucun de nos chefs politiques n’a eu le profil correspondant aux critères requis. À droite, les concurrents ont été trop nombreux dans les autres territoires. En outre, cette pratique des ministres dits "ultra-marins", prend effet alors que la droite locale commence son lent déclin. À gauche, Aimé Césaire a rendu la chose impossible. Il a toujours refusé que le Parti progressiste, favorable à l’autonomie, participe à un gouvernement français. Qu’en sera-t-il en 2017 ? Les jeux sont ouverts.
Publicité