Présidentielle : la fin de la Cinquième République est-elle inéluctable ?

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Palais de l'Élysée
Palais de l'Élysée (Paris) ©FB présidence de la République
La démocratie à la française est-elle en train de vivre ses derniers moments ? À entendre certains candidats, il est temps d’abroger les institutions actuelles pour passer à un autre régime.
Allons-nous vers la fin de la Cinquième République ? La question est posée avec insistance par certains candidats souhaitant en finir avec les institutions actuelles. Elles auraient fait leur temps, ayant été pensées par et pour un homme providentiel et pour une certaine époque, le général de Gaulle dans la France du début des années 1960.
 
Les dérives du système vers une forme de monarchie dite républicaine sont régulièrement dénoncées. La fausse autonomie du Parlement par rapport au couple exécutif composé du président et du Premier ministre est depuis longtemps condamnée. L’inutilité du Premier ministre, révélée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, est pointée du doigt. L’indépendance des magistrats, pourtant inscrite dans le marbre, est périodiquement remise en cause.
 
Plus largement, c’est du principe même de la démocratie représentative dont il s’agit. Le personnel politique serait incapable de traduire les aspirations des citoyens, du fait de son professionnalisme outrancier qui l’amène à se couper de ceux qu’il est supposé représenter. La politique n’est pas un métier, mais notre élite s’y entend pour qu’il en soit ainsi. Ce qui conduit, selon leurs critiques, à la confiscation par une caste du pouvoir du peuple souverain.
 
Le débat ne sera pas tranché à l’occasion de cette élection. Pourtant, la démocratie à l’occidentale connaît des remises en cause un peu partout désormais. Au point que la démocratie participative se présente comme une alternative crédible aux failles d’un système semblant parvenu à ses limites. Le risque du populisme n’est pas loin, consistant à donner à tout bout de champ la parole au peuple. Ce qui peut déboucher sur une autre dérive, l’incapacité du gouvernement à diriger.
 
Nous n’y sommes pas encore, mais à y regarder de près, n’est-il pas temps d’y penser ?  
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