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Prospective : rêver de la Martinique de 2038

éditorial
Population Martinique
Population de Martinique ©Jean-Claude Samyde
A quoi ressemblera la Martinique dans 20 ans ? A l’enfer ou au paradis ? Chacun verra midi à sa porte. Les pessimistes l'emporteront-ils sur les optimistes?
Mardi 17 mars 2038. Vingt ans que je n’étais pas rentré au pays. Valise récupérée, direction la sortie de l’aéroport. Pas de taxi, inutile avec les bus électriques du TCSP, le réseau de transport en commun.

Un peu perdu, j’ai failli emprunter celui du Marin, dans le sud, alors que je vais au Carbet, dans le nord. Durant toute la semaine, j’aurai l’occasion de me rendre compte des mutations survenues ces vingt dernières années.

Le chlordécone n’est plus qu’un mauvais souvenir. Nos ingénieurs agronomes ont trouvé les plantes adéquates pour évacuer le pesticide toxique des sols. Les sargasses sont les bienvenues. Trois laboratoires les synthétisent pour l’industrie cosmétique.

Les bananeraies sont remplacées par des champs de légumes et de fruits déversés sur nos marchés et dans les grandes surfaces. Une bonne part est vendue sur le marché cubain, très prometteur.

Le déclin démographique a été enrayé. Des milliers d’immigrés ont été accueillis à bras ouvert. Leurs enfants repeuplent nos écoles. Leurs parents occupent souvent les emplois les moins qualifiés, mais aussi les emplois les plus qualifiés. Notre beau pays attire des étrangers ainsi que des compatriotes venus s’installer au pays de leurs parents. Ainsi, l’hôpital a été sauvé de la faillite.

Et le chômage est jugulé. Les start-ups qui pullulaient jadis se sont transformées en entreprises performantes. Nos ingénieurs, la majorité étant des femmes, exportent leur savoir-faire dans tous les domaines, de l’intelligence artificielle à la réalité virtuelle en passant par la biomécanique des matériaux composites.

Quant aux catastrophes naturelles, notre proverbiale imprévoyance a été vaincue. Comme prévu, les ouragans sont plus rares et plus puissants. Les dégâts matériels sont limités, chaque maison et chaque immeuble étant muni de son abri paracyclonique. Les tremblements de terre ne nous font plus peur. Pas un bâtiment public ou privé qui ne soit construit aux normes parasismiques.

La présidente du Conseil de Martinique, Emeline Aboulicam, est à la tête pour une année de la Confédération caraïbe. Elle travaille aussi en harmonie avec Chantal Delannay, première présidente de la VIe République. L’harmonie sociale est devenue la nouvelle idéologie martiniquaise.

Au réveil ce matin, je me fais cette confidence : vivement 2038 !