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La raison et l’autorité s’étiolent en Martinique

Le surprenant conflit qui paralyse encore une fois les bus de la CFTU et qui prive même les usagers d'un service minimum, montre combien la raison et l'autorité s'étiolent...

Prise de parole entre la direction de la CFTU et ses salariés (12 mars 2018). © Martinique La 1ère
© Martinique La 1ère Prise de parole entre la direction de la CFTU et ses salariés (12 mars 2018).
  • Par Joseph Nodin
  • Publié le
Le conflit entre la CFTU (Compagnie Foyalaise des Transports Urbains), et des entreprises sous-traitantes rentre dans sa troisième semaine. Les usagers n’ont pas le service public du transport auquel ils ont droit car le dépôt des bus à Fort-de-France, est bloqué par les chefs d’entreprises non retenus lors d’un marché du transport pour les villes de la Cacem (Fort-de-France, Lamentin, Schoelcher et Saint-Joseph).

Cela fait trois semaines que cela dure. Mais la CFTU compte plus de 55 jours de blocage à coups de droit de retrait ou de grève, depuis le début de l’année 2018, comme le souligne fort justement l’Association des Usagers du Transport de Martinique (AUTM), qui vient de se créer à l’initiative de citoyens excédés.

L’exemple du conflit CFTU témoigne de la léthargie qui semble s’installer en Martinique. Les usagers des quatre villes de la Cacem sont surtout des jeunes, des femmes, des personnes âgées ou à mobilité réduite…bref tous ceux qui n’ont pas d’autres choix que de prendre le bus pour effectuer leurs déplacements.

Dans ce conflit tout le monde semble craindre tout le monde. Les acteurs principaux se renvoient les responsabilités. Les maires des villes concernées sont d’une discrétion à nul autre pareil. Faute d’interlocuteurs capables d’engager un dialogue constructif ou d’imaginer des solutions, certains se tournent vers l’État qui lui-même hésite à faire rétablir la liberté de circulation dans un pays de droit…

Pendant ce temps, c’est une femme de ménage qui perd ses journées de travail, une personne handicapée, empêchée d’effectuer ses démarches, un jeune qui galère pour rejoindre son lieu d’école ou d’apprentissage, ou des commerçants qui voient fondre leur chiffres d’affaires entraînant de douloureuses conséquences sociales...

Dans ce contexte, c’est la loi du plus « jusqu’au-boutiste » qui s’impose, les plus démunis le sont davantage encore. La raison et l’autorité s’étiolent en Martinique. Jusqu’à quand ?
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