Réforme des retraites : pourquoi le gouvernement ne reculera pas ?

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Conseil d'État
©Le Conseil d'Etat, le 11 novembre 2019. (MANUEL COHEN / AFP
La colère contre le projet du gouvernement ne faiblit pas, même si le texte est largement imparfait, comme l’estime le Conseil d’Etat. Ce qui ne gêne pas le gouvernement.
Le Conseil d’Etat donne une leçon de droit au gouvernement. Les magistrats de la cour administrative suprême estiment que le texte sur la réforme du régime des retraites recèle de nombreuses imperfections et inexactitudes. Ils pointent du doigt l’amateurisme du gouvernement sur ce dossier.

S’il est soumis tel quel aux députés, à partir du 17 février 2020, le projet de loi devra être réécrit de fond en comble. Au-delà de la rédaction imparfaite d’un texte législatif, se profile un enjeu essentiel. Le projet de refonte du système des retraites illustre la volonté du président de transformer la France. Il l’avait annoncé dans son programme électoral, mais surtout dans son livre-témoignage, sobrement intitulé "Révolution".
Une transformation nécessitant, à l’en croire, l’adoption de réformes de structure : les retraites aujourd’hui, l’école hier, le transport ferroviaire avant-hier, le Code du travail auparavant. Objectif : convertir le peuple français au libéralisme, au sens premier du terme.
 

Convertir la France au libéralisme


Tirant sa légitimité du suffrage universel, le président met en œuvre l’idée fixe des libéraux : alléger le poids de l’Etat dans la société et donner plus de place à l’initiative privée. Si les pensions de retraite baissent d’ici vingt à trente ans, il faudra compenser le manque à percevoir par la capitalisation, basée sur l’épargne individuelle.

Plusieurs pays européens ont adopté ce modèle, à l’inverse de la France. Elle a préféré depuis l’après-guerre un mécanisme de solidarité entre les générations. Une logique qui n’a plus cours, selon le gouvernement. A l’inverse, les syndicats et la majorité des citoyens disent que cette logique doit être préservée.
Peu importe, le gouvernement maintient son cap. Au risque du passage en force qui pourrait provoquer des fractures profondes au sein de la société. Ce qui prépare le choix de certains, déçus ou révoltés, pour des vendeurs d’illusion au langage martial. L’autre choix étant celui de…l’actuel président libéral.
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