Retour en cours : des professionnels de l’éducation en Martinique s’interrogent

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Élèves en classe
Élèves en classe en Martinique. ©Martinique la 1re
Reprise obligatoire de tous les élèves et du personnel encadrant à partir du lundi 22 juin 2020. Une décision motivée par la volonté de ne pas aggraver les inégalités sociales entre les élèves mais également de mieux préparer la rentrée de septembre.
En Martinique comme ailleurs, le sujet ne manque pas de faire réagir le monde de l'Éducation nationale. La présence des élèves et du personnel encadrant est donc à partir du 22 Juin "une obligation" selon le Président de la République.

Maurice Bonté, maire de la commune d’Ajoupa-Bouillon et président de l’association des maires, considère que sauf insuffisance d’équipements sanitaires, il faut profiter de ces deux semaines pour tester et observer ce qui pourrait être changé pour la rentrée de septembre, deux semaines qui seraient l’occasion d’anticiper sur les futurs problèmes de la rentrée prochaine.

"La situation en Martinique n’est pas la situation en France, où 90% des établissements sont ouverts. En Martinique c’est tout l’inverse", soulignait lundi (15 juin 2020), Gérard Laguerre, le président de l’UPEM (Union des Parents d’Élèves de Martinique) sur radio Martinique la 1re.


Il faut effectivement reprendre les classes mais selon un calendrier de reprise d’activité qui faciliterait la mise en place efficace de "vacances apprenantes" pour les mois de juillet et août.

"L’incohérence d’un retour à la normale" 


Pour d'autres, comment imaginer un retour à l’école même avec un protocole sanitaire allégé ? Qu’en est-il des enseignants et des élèves dits "vulnérables" ? Marie-Michelle Toussaint Responsable générale des syndicats et directrice de l’école primaire Marius Hurard à Fort-de-France, veut mettre en évidence l’incohérence d’un retour à la normale de l’activité scolaire.

Une reprise qui est contradictoire, selon elle, dans la mesure où les livres ont été remis et les que les conseils de classe sont d’ores et déjà passés. Au-delà de la logistique sanitaire, Marie-Michelle Toussaint pose finalement la question de l’intérêt pédagogique de "cette reprise imposée".

Une reprise qui malgré les mots du Président ne s’annonce pas si simple, même si beaucoup reconnaissent la nécessité pour les enfants de reprendre une vie scolaire normale.
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