Ti-Raoul Grivalliers est monté au paradis des artistes martiniquais

patrimoine sainte-marie (martinique)
Pierre Grivalliers
Ti-Aoul Grivalliers s’est éteint à son domicile de Sainte-Marie. Il avait 83 ans. ©Audrey Govindin
Le monde de la musique traditionnelle a été frappé de stupeur à l’annonce de la disparition de Pierre Grivalliers, (surnommé Ti-Raoul). Il est décédé ce lundi 18 décembre, en fin d'après-midi.
Ti-Raoul Grivalliers ne chantera plus. Le mèt bèlè s’est éteint à son domicile de Sainte-Marie. Il avait 83 ans. Il emporte avec lui sa voix reconnaissable entre toutes, qu’il avait autant nasillarde qu’étrangement roucoulante. Nul ne pouvait rester insensible à son timbre quand il entonnait des chansons de sa composition. Des textes narrant un fait de société, une anecdote, un moment d’histoire. En bref, les faits et gestes de nos gens et de notre terroir.

Initié dès son enfance dans les swaré bèlè, dans les quartiers de sa ville natale, il apprend auprès des grands de l’époque : Esther Grivalliers, Clémence Sébarec, Stéphane Sébarec, Jéjé Galfétè, entre autres. Sa notoriété l’amène à intégrer le Ballet folklorique de Loulou Boislaville. Première tournée en France en 1952 pour Ti-Aoul, suivie d’une seconde l’année suivante avec le groupe de Raphaël Prospa.
Ti -Raoult
©Martinique 1ère
Devenu peintre en bâtiment, Ti-Raoul reviendra de France en 1975. Il se consacre alors pleinement à son activité de chanteur de bèlè. Il subira comme d’autres la désaffection pour les musiques populaires rurales. Puis il bénéficiera du regain d’intérêt pour notre culture traditionnelle.

Au caractère bien trempé, ce petit homme d’apparence frêle était un grand artiste parfois incompris. Il a su forcer le respect et l’admiration au-delà de lawonn bèlè
En restant fidèle à son éducation, à ses origines, à ses compatriotes, à son pays. Lonnè èk repspé, Misyé Ti Raoul.
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