Ti-Émile, le maître du bèlè martiniquais, sera honoré en 2022

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Ti-Emile Casérus / bèlè
Ti-Emile Casérus - auteur, compositeur, chanteur, danseur de bèlè (1925-1992) ©Photo de famille / vidéo Brut 34

Le 10 mars 1992, Emmanuel Casérus alias Ti-Émile, le chantre de la tradition bèlè en Martinique, s’est éteint à l’âge de 66 ans. En 2022, trois décennies après sa disparition, un vibrant hommage lui sera rendu par ses proches.

La scène traditionnelle a eu une pensée ce 10 mars 2021, pour Ti-Émile Casérus, 29 ans après sa mort, mais en 2022, cet "anniversaire" devrait avoir une autre tonalité. Les proches du maître bèlè prépare en effet un hommage consacré à la vie et à l’œuvre de l’artiste.

Sonjé nonm-lan, (...souvenez-vous de l’homme), chanté bay (...chantez pour lui).

En 2022,  pour les trente ans de sa disparition à la même période, nous l'association "Chimen Milo" le commémorerons dignement, comme il le mérite, durant une semaine.

(Jean-Michel Casérus, artiste-danseur, fils de Ti-Émile)


Ti-Émile, c’était une voix unique, un chanteur hors pair et un danseur appliqué dans l’art du bèlè, une des musiques traditionnelles de la Martinique dont il a été le parrain. Dès l’âge de 13 ans, Ti-Émile (né en 1925), s’est pris de passion pour ce rythme des mornes de Sainte-Marie, sa ville d’origine. 

Il a d’abord appris "aux côtés des anciens" a-t-il souvent rappelé, avant de construire sa propre identité artistique et de se faire un nom.

Très tôt en effet, "Ti Milo" (son surnom), a chanté "à la campagne" comme il disait fièrement, puis dans les fêtes patronales où il a été repéré par Aimé Césaire en personne, alors maire foyalais. Ce dernier, impressionné par son talent, lui a proposé de venir enseigner l’art du bèlè au centre culturel de Dillon, à Fort-de-France.

Ti-Emile Casérus / bèlè
Ti-Emile Casérus chante le bèlè traditionnel ©Photos de famille / vidéo Brut 34

20 ans au service de la culture

 

Durant deux décennies, Milo a été un animateur culturel, partagé entre la formation folklorique, ses spectacles avec son ballet et la production de ses disques. 
Dès les années 50, il a fréquenté les studios d’enregistrement, en signant des morceaux bien connus comme "Pol polo", "Sonia contan siro", "Ti canot", "Marie-Jeanne", "Mabèlo", "Bénézouel", "Madeleine", ou encore "cho i cho" (titre remixé par DJ Jeff en 2018).

Le dernier chant de Ti-Émile c’était en 1991, (alors qu’il était déjà très accablé par la maladie), lors de sa participation sur l’album "Ethinokolor - Vol.2 " (héritage tambou-a), sous la direction du pianiste, auteur-compositeur Ronald Rubinel. Quelques mois après, Émmanuel Casérus s’est éteint le 10 mars 1992, à l’âge de 66 ans.

Un buste Ti-Emile à Sainte-Marie

 

En juin 2017, la "maison du bèlè" à Sainte-Marie, a inauguré un buste à l’effigie du chanteur, auteur, compositeur et danseur Ti-Émile, coiffé de son chapeau Bakoua.