Tour de Martinique : "on y va pour défendre notre titre" [Diany Rémy]

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Yole Sara Ad Distribution
Yole SARA /Ad istributon ©Gérard Graduel
Un sourire, une détermination, un savoir-faire et un sens du leadership. Voilà en quelques mots comment est étiqueté Diani Rémy le patron de la yole du Marin vainqueur du tour de Martinique en 2019. Tout juste âgé de 30 ans, le jeune marinois a su emmener son équipage à la victoire après une boucle de l’île réussie et une maîtrise des événements saluée par tous.

A l’orée du Tour 2022, Diany Rémy évoque l’épreuve et affiche les ambitions de son équipage qui vogue désormais sous les couleurs de Sara-AD Martinique. Vous êtes le dernier vainqueur du tour de Martinique en yoles rondes, c’était en 2019, qu'en gardez-vous dans votre boîte à souvenirs ?

 Ce que je garde en mémoire de ce tour 2019 c'est la victoire, la dernière étape et puis…ce moment particulier lorsque nous sommes arrivés sur le podium avoir la coupe en main, face à la foule, frissons et émotions, j'étais très fier de partager ce moment fort que nous sommes allés chercher, cette victoire avec mon équipage sur la dernière étape...ce succès est gravé en moi et rien que d’y penser ça provoque encore des remontées de souvenirs et puis cette chaleur humaine, cette ferveur avec le public et nos supporters ».

Diani Rémy
Diani Rémy le patron de la yole Brasserie Lorraine/Sara Energies Nouvelles vainqueur du tour de Martinique en 2019 ©D.R

Une première victoire en tant que patron, comment la qualifier dans votre parcours de sportif, de patron ?

Quand on regarde bien, c'est un sport unique au monde donc nous sommes champions du monde. Evidemment que cette victoire en 2019 a une importance capitale pour nous au sein de notre association, pour nos partenaires et pour la population marinoise et le public martiniquais qui nous suivent et nous soutiennent. Je dois dire qu’à mon niveau, il était important de partager ce succès avec l'ensemble de population qui nous suit. Ce sont des sensations incomparables et je n’avais jamais imaginé pouvoir ressentir cela grâce à une victoire en sport…pas à ce niveau.

Depuis 2019 et cette traversée de la crise Covid, comment avez-vous procédé au sein de votre association malgré l’absence de tours en 2021 et 2021 ?

Cela a été très compliqué, on sait que le monde sportif a été impacté avec pas mal de difficultés liées à la pandémie avec la batterie de tests qu'il y avait à faire. C'est vrai que nous avons été touchés parce que tout le monde n’adhérait pas aux mesures de contrôle...On a fait un travail que je qualifie de terrain, de proximité auprès des coursiers, les appeler pour discuter et nous avons organisé des petites randonnées lorsqu'il y avait la possibilité. On a fait comme on pouvait pour garder toujours en fil rouge le maintien de l’esprit de groupe et d’entraide, encore un peu plus en pareille circonstance. Et puis on a pu réaliser un défi pendant la période de la pandémie, faire le tour de la Martinique sans escale (27 mars 2021) une aventure et un périple en 16 heures 55 minutes, c’était compliqué mais on a réussi car on n’a rien sans peine et un tel rendez-vous, ça renforce la cohésion et c’est bon pour le mental.

« …la condition physique est primordiale »

Quand a commencé la véritable préparation pour votre équipage qui vogue désormais sur Sara - Auto distribution Martinique, la recherche d'un nouveau partenaire a-t-elle perturbé l'association ?

« Cela ne nous a pas vraiment embêtés, on a tous suivi la situation de notre partenaire historique Brasserie Lorraine. On a anticipé au cas où il ne pouvait plus poursuivre l'aventure avec nous. Nous avions un plan B pour entamer ce tour 2022 dans de bonnes conditions financières surtout parce que la yole demande beaucoup. Pour être parmi les meilleurs, il faut des fonds et c'est ce que nous avons pu faire et je remercie AD distribution Martinique qui nous fait confiance et est très fière de nos performances sous ses couleurs…

Et sur cette fameuse préparation ?

Sur la préparation du tour, en général on insiste pratiquement sur les mêmes choses. Le tour c'est d'abord la condition physique qui est primordiale. On sait que ce tour sera difficile après deux ans de pandémie, ce sera compliqué mais on a beaucoup travaillé le physique, la coordination et aussi l'entraide, la solidarité et la cohésion. Le tour c'est 7 jours avec des étapes qui durent en moyenne 3 heures. Pour la recherche de performance, on a travaillé tous ces éléments avec des séances d’entrainements allant de trois à quatre heures et même des séquences jusqu’à cinq heures. C’est notre régime de travail, notre investissement et ce sont les sacrifices pour lesquels le groupe a adhéré pour que notre équipage soit opérationnel durant ce tour 2022.

colistiers de la yole SARA/AD Distribution au 36e tour de Martinique ©Cap/FB supporters yole Sara/AD Distributions

" Rester vigilant jusqu’aux deux marques d’arrivée au François… "

Quels sont les objectifs pour l’association Yole Net 2000 pour cette 36e édition du tour de l’île ?

« Je préfère être clair et Il n'y a pas photo, on y va pour défendre notre titre. Nous sommes prêts dans nos têtes et sans pression. Dans le sport il faut un vainqueur, un perdant et nous partons avec ambition, détermination pour terminer sur la plus haute marche du podium en fin de tour. Nous connaissons la loi du sport donc on donnera le meilleur de nous-mêmes chaque jour en gardant en tête l’objectif ».

Vous dites que vous avez préparé l’épreuve sans pression mais tout de même, est-ce simple avec une position de favori puisque dernier vainqueur du tour ?

« C'est de l'organisation, on a quand même un staff autour de nous, une très bonne association avec des membres actifs. Il faut dire que tout le monde met la main à la pâte et chacun a un rôle bien défini. J’ai envie de dire que l’association est gérée comme une entreprise, chaque personne organise ses fonctions et missions comme il souhaite. Le corollaire de tout ça c’est de penser à communiquer en collaborant avec l'ensemble de la structure, de l'équipage. En forme de crédo, il faut qu’il y ait en permanence cet objectif de performance avec un lyannaj fort entre nous, à terre comme en mer ».

Qu'est-ce qui peut faire la différence quand on vise un titre de vainqueur du tour ?

« Moi je pense que ce qui fera la différence c'est avoir beaucoup de sérénité, être patient car le tour va se jouer jusqu'au dernier moment puisque la dernière étape est particulièrement longue et difficile donc il faudra rester vigilant jusqu’aux deux marques d’arrivée au François le 7 août