Un carnaval 2021 en Martinique pas comme les autres

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Carnavaliers
Carnavaliers au stade Pierre Aliker de Dillon à Fort-de-France. ©Denis Bouton

Des vidés en pyjama, l’après-midi, le soir, à côté d'un carnaval alternatif au stade de Dillon qui n’a finalement pas su séduire le public. Les rassemblements étaient interdits par la préfecture. Mais les carnavaliers ont transgressé les interdits en 2021.

 

Un vidé marron en plein mardi gras…à 100 mètres à peine du stade de Dillon à Fort-de-France où se déroule la parade organisée par les autorités. Une parade boudée par les Martiniquais, avec moins de 2 000 personnes chaque jour contre 5 000 attendues.

Plus que jamais cette année, le carnaval a exprimé sa spontanéité originelle dans plusieurs quartiers et communes de Martinique jusqu’à des heures avancées de la nuit.

Les images de ces vidés sont mal vues par le gouvernement en pleine crise sanitaire de la covid-19. Mais pour beaucoup de carnavaliers, braver les interdits était un acte militant…

On n'est pas résignés, zot ka di nou non! mé nou déssidé viv' la via-a an lot mannyè. (Vous nous dites non, mais nous décidons de vivre autrement).

Le sociologue Moïse Udino

(Re)voir notre reportage avec Guilhem Fraissinet.

Enseignements carnaval 2021

Ce carnaval 2021 n’aura décidément ressemblé à aucun autre. Et certains s’accordent même à dire que cette édition influencera durablement celles à venir. Il aura aussi divisé les Martiniquais. D’un côté les carnavaliers perçus comme des irresponsables au regard du risque épidémique. Et de l’autre, ceux qui respectent les consignes sanitaires.

Sans organisation institutionnelle, le carnaval de rue a quand même existé cette année. Avec peu de faits de violence à déplorer. Il y aura forcément des enseignements à tirer de cette expérience, comme de celle du carnaval au stade de Dillon.