Un responsable politique ou un entrepreneur bientôt à la tête de la CTM ?

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Elus de la CTM
Une partie des élus de l'Assemblée de Martinique.-jeudi 1er octobre 2020). ©Martinique la 1ère

Le profil du futur président du conseil exécutif n’est pas facile à déterminer, un mois avant les élections territoriales. Il est vrai que, plus que jamais, les positionnements des uns et des autres brouillent les cartes.

La Collectivité Territoriale de Martinique n’est pas un conseil municipal géant. La gestion de son budget de 1,3 milliards d’euros et de ses 4 300 agents, relève d’une autre logique que celle de l’administration municipale.

La CTM n’est pas non plus une entreprise. Ses champs de compétences concernent aussi bien la vie quotidienne que l’organisation optimale du territoire. Des missions encadrées par la loi selon des procédures et une logique différentes de celles de la conduite d’une entreprise.

Or, il se trouve que certains candidats tiennent des propos pouvant les apparenter à un maire pour les uns, ou à un manager pour les autres. De la part d’un novice en politique, ceci n’est pas étonnant. Venant d’un responsable habitué aux rouages des affaires publiques, ceci est surprenant.

La CTM n’est pas une commune ni une entreprise

 

Ce n’est pas le cas de tous, mais plusieurs candidats têtes de liste laissent accroire qu’ils pourront être l’un ou l’autre. Nous vivons à une époque où le citoyen exige de ses élus une compétence technique allant au-delà de la compétence politique.

Faut-il s’en offusquer ? En fait, les profils d’un élu de premier plan et d’un patron révèlent plusieurs points communs. Primo, ils doivent savoir bien s’entourer ; c’est l’une des règles de base d’un élu efficace ou d’un bon manager. Deuxio, ils doivent savoir prendre des décisions dans l’urgence ; la réactivité d’un chef est une clé du succès de l’organisation qu’il anime.

Tertio, ils doivent savoir composer avec l’adversité interne afin de trouver le meilleur compromis sans renoncer à leurs objectifs. Une collectivité ne doit pas faillir à sa mission de service public. Une entreprise ne doit pas faire faillite. Un chef respecté sait éviter les écueils et les pièges, au quotidien.

Vers une rupture politique ?

 

C’est là que l’expérience de maire ou d’élu de proximité est précieuse. C’est là, aussi, que le charisme du patron constitue un atout. Ce qui peut expliquer que nous entendons des déclarations de tel ou tel candidat mettant en avant qui son bilan positif de maire, qui ses bonnes pratiques d’entrepreneur.

Il reste aux électeurs à choisir le profil idéal de celle ou de celui qui va incarner, dans un mois, la direction de la gouvernance de la CTM. Sera-t-il un leader capable de soulever les foules pour les emmener vers l’horizon qu’il s’est choisi ? Ou un manager alliant rigueur et souplesse ?  

En ces temps d’appel à un renouvellement de notre élite, les technopoliticiens ont tendance à vouloir supplanter les politiciens professionnels. Est-ce à dire que ces élections seront celles de la rupture ?