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Où va la droite martiniquaise ?

Les chefs de l’alliance Ba péy-a an chans se déchirent, une fois de plus. Cette fois, la polémique entre Yan Monplaisir et Miguel Laventure porte sur la gestion des fonds européens. Une brouille cachant mal la crise de la droite.

Miguel Laventure et Yan Monplaisir (membres (de droite) de la majorité de la CTM). © Martiniquela 1ère
© Martiniquela 1ère Miguel Laventure et Yan Monplaisir (membres (de droite) de la majorité de la CTM).
  • Par Jean-Marc Party
  • Publié le
Exclu. Miguel Laventure a été évincé de Ba péyi-a an chans, la composante de droite de la coalition majoritaire de la Collectivité territoriale. Membre du conseil exécutif, en charge du budget et des affaires européennes, il est une pièce maîtresse de l’attelage composite à la tête de la CTM. Sa réponse ? Nul ne peut défaire l’alliance électorale, hormis les électeurs.

Querelle sémantique ou inimitié personnelle entre Miguel Laventure et Yan Monplaisir ? Les deux à la fois. Cette guerre des chefs masque des divergences sur l’avenir de l’aile droite de la majorité. Monplaisir veut reprendre ses billes avant les prochaines élections territoriales, en mars 2021. Laventure veut rester loyal jusqu’au bout au pacte scellé avec ses alliés.

Ce n’est pas la première fois que Yan et Miguel se fâchent, avant une réconciliation tout autant spectaculaire. Leur zizanie à la veille des élections régionales de 1990 avait contribué à la victoire de la gauche. Au-delà de cette nouvelle escarmouche entre ces deux majors de la droite, c’est l’avenir de ce courant politique qui est en jeu.
 

Comment la droite va se réinventer ?


Quel est son discours ? Qu’en est-il du renouvellement de ses dirigeants ? Où sont ses militants ? La droite a longtemps refusé toute évolution des institutions. Elle s’est longtemps montrée rétive à l’idée de la responsabilisation des élus locaux. Sa doctrine s’est longtemps résumée au maintien de notre appartenance à l’ensemble français et à notre insertion dans l’Union européenne.

Des positions devenues obsolètes. Plus qu’une crise de leadership, la droite souffre d’une crise de doctrine. Ses valeurs ont été partiellement accaparées par la famille de la gauche autonomiste. Depuis l’avènement de la décentralisation, il y a une trentaine d’années, son influence n’a cessé de décliner. Reléguée à la périphérie du paysage politique, il lui devient impératif de se réinventer et de proposer des perspectives originales.

A la manière de Yan ou à la façon de Miguel ? En attendant qu’ils retrouvent une certaine sérénité, annou ba yo an chans pou yo rékonsilié…
 

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