Vaccin anti-Covid pour les 12/18 ans : 34 565 jeunes concernés en Martinique

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Vaccin Covid Jeune fille
©Pfizer

Nouvelle catégorie d’âge concernée par la vaccination anti-Covid : les 12/18 ans auront accès au vaccin à partir du 15 juin prochain. En Martinique, 17 111 jeunes filles et 17 454 garçons constituent la tranche d’âge éligible au vaccin Pfizer à compter du 15 juin 2021.

Les adolescents et jeunes adultes du territoire, âgés de 12 à 18 ans, pourront être vaccinés contre le Covid-19 à compter du 15 juin prochain. L’annonce a été faite la semaine dernière (2 juin) par le président de la République. 

En Martinique, les coordonnateurs du vaccinodrome du Lamentin estimaient la semaine passée qu’il y a un net recul de la vaccination. Les autorités rappellent que la vaccination demeure le seul rempart disponible, pour limiter le développement de formes graves de la maladie.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran a précisé que les 12-18 ans pourraient réserver leur créneau de vaccination 

avec le vaccin Pfizer, en centre de vaccination et avec l’accord obligatoire des parents.

Olivier Véran, Ministre de la Santé

Quelle sera l’attitude des parents et de leurs enfants à propos de cette vaccination ? La question mérite d’être posée tant la baisse de fréquentation du vaccinodrome interpelle.

Vaccin jeunes
Si certains jeunes et leurs parents sont convaincus de la nécessité de prendre le vaccin, cet avis ne semble pas partagé par le plus grand nombre. ©Martinique 1ère

 

17 111 jeunes filles et 17 454 garçons concernés par la campagne

 

Pour l’heure, dans l’attente de communication des autorités locales avec certainement une campagne ciblée vers cette nouvelle catégorie de candidats au vaccin, les retours sont mitigés. Si certaines familles pensent au vaccin pour valider leur pass vaccinal ou encore pour retrouver un semblant de vie collective, pour d’autres, c’est le flou total. Entre la pharmacopée, les craintes ou peurs, il faudra convaincre parents et enfants.

Scholastique, la cinquantaine, est père de famille, son fils est en classe de Terminale  

Pour ma part je préfère attendre. Franchement, on entend tellement de choses concernant la vaccination que je ne suis pas favorable au vaccin…et puis, je crois que quand il y aura un vaccin français, je changerai d’avis.

Scholastique, père de famille

Son fils, Nathanaël, semble sur la même longueur d’onde

 Si le vaccin devient obligatoire, je me plierai à la décision. Pour le moment, je ne vois pas l’intérêt de me faire vacciner, en plus j’ai entendu parler d’effet secondaire indésirable… 

Nathanaël, élève de Terminale

Les autorités devront-elles batailler pour réussir à attirer cette nouvelle tranche de candidats au vaccin ? Difficile d’estimer le taux de réponses positives qu’aura cette invitation à la vaccination pour les 34 565 jeunes qui composent la tranche d’âge visée par cette campagne.

Yanis est dans ses cahiers, en pleine révision pour le baccalauréat. Le jeune homme est convaincu de la nécessité de se faire vacciner

Moi je trouve qu’on a la chance de se faire vacciner, il faut y participer. En France, plus de 28 millions de personnes ont été vaccinées, nous ne sommes pas des cobayes… Pour nous les jeunes, si on veut retrouver un semblant de vie d’avant, pouvoir rencontrer ses potes sans masque je considère que c’est une chance…quand on voit le temps que les gens attendent en France pour avoir un rendez-vous vaccinal, je me dis que nous sommes chanceux ici. Alors c’est vrai qu’il faut chercher à s’informer et ne pas subir les complotistes comme on les appelle, j’ai envie de serrer ma grand-mère dans mes bras, aller voir la famille, pouvoir monter dans un avion… 

Yanis, élève de Terminale

Dans la famille de Yanis, la discussion a eu lieu entre enfants et parents. Ces derniers ont pris leurs deux injections

Pour moi, c’est presqu’un geste citoyen si on veut atteindre l’immunité collective. Je n’ai pas hésité à me faire vacciner contre le Covid, je ne suis pas anti-vaccin. Pour mes enfants, comme lorsqu’ils avaient 2 mois et ont pris les vaccins contre la polio, la rougeole etc. donc je ne fais pas de différence avec l’anti-Covid. Je serai beaucoup plus rassurée d’avoir des enfants vaccinés pour leur permettre de retrouver une vie sociale et renouer le lien tout simplement. Pour mes enfants, j’attends avec impatience l’ouverture de la session. On a beaucoup échangé avec eux et nous avons fait des recherches ensemble sur le web pour éviter les on-dit des réseaux sociaux, quand la proposition leur a été faite, ils ont dit oui de suite.

Sandrine, maman de Yanis

 

Avis divergents pour Marie et sa fille Emilie

 

Marie est maman d’une jeune fille qui est en âge de prendre le vaccin. La mère est catégorique et ne souhaite pas que sa fille fasse partie des jeunes vaccinés

Moi je ne suis pas favorable et pas convaincue quant à la vaccination des moins de 18 ans. De ce que j’ai lu ou entendu, malgré le vaccin on peut encore contracter le virus et le transmettre. En fin de compte, le vaccin n’atténuerait que les effets graves. Du coup, je trouve que les enfants prennent déjà suffisamment de vaccins dès leur plus jeune âge… tant que ce ne sera pas obligatoire, pas question que mon enfant se fasse vacciner.

Marie, maman opposée à la vaccination

Pfizer recherches
Les jeunes devront prendre rendez-vous au vaccinodrome s'ils souhaitent se faire vacciner. ©Martinique 1ère

Si sa mère n’est pas favorable au vaccin, Emilie a un tout autre avis et souhaite être vaccinée

Moi je suis pour le vaccin anti-Covid dans la mesure où il nous permet d’avoir plus de liberté, je n’ai pas particulièrement d’inquiétude même s’il a certainement des failles. Cela dit, ce vaccin peut nous permettre de nous accrocher à un espoir de retour à une vie plus normale, rien que ça devrait nous soulager. Voir de plus en plus de jeunes se faire vacciner à travers le monde me laisse penser que c’est chaque jour un petit pas vers l’immunité et un retour à une vie presque normale.

Emilie (bientôt 18 ans) est favorable au vaccin alors que sa mère est contre.

 

La possibilité de se faire vacciner est plutôt bienvenue chez certains jeunes : 

Ça fait 2 ans qu’on ne vit plus du tout, nous sommes masqués en permanence. Si la possibilité de se faire vacciner est là, je prends sans réserve

Jimmy, élève de 1ère

 

Izabel, prépare les épreuves du bac et a hâte d’avoir son rendez-vous avec le soutien de ses parents pour

reprendre les activités sans contraintes et profiter des grandes vacances.

Izabel, en classe de Terminale

Geoffroy, 16 ans, est favorable au vaccin, il a un objectif en tête

Je n’ai pas vu mon grand-père et ma grand-mère depuis un an, c’est terrible. C’est la raison principale pour que je me fasse vacciner pour les revoir et les embrasser

Geoffroy, 16 ans.

 

Il est clair que tous les jeunes ne souhaitent pas prendre le vaccin. Laetitia et Krystel, deux copines de seconde, avouent ne pas être favorables au vaccin

Avec les parents, nous en avons parlé mais nous ne sommes pas convaincues même si nos parents sont vaccinés. Il y a trop d’incertitudes autour du vaccin donc ce sera pour la prochaine » lâchent-elles en chœur et en riant.

Laetitia et Krystel, élèves de seconde

Les deux copines ne seront pas obligées de recevoir d’injection, puisque cette vaccination pour les 12/18 ans se fera sur la base du volontariat. 

Pour la campagne en Martinique, avec la fin de l’année scolaire, quelle sera la réponse de la jeunesse du territoire ? Difficile de se faire une idée pour l’heure. Sans doute que les autorités mettront en place une campagne ciblée pour tenter de convaincre la majorité des 34 565 jeunes de la catégorie d’âge et leurs parents d’accepter de se faire vacciner.