Venezuela : de nouveaux heurts et un député blessé

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Venezuela (député)
Policiers et militaires ont bloqué le passage à un groupe de députés d'opposition ( Jeudi 9 juin) ©AFP:Ronaldo Schemid
Le chef de l'opposition parlementaire au Venezuela a été blessé ce jeudi 9 juin, lors de heurts avec des partisans du gouvernement, devant le conseil électoral à Caracas. Policiers et militaires ont bloqué le passage à un groupe de députés d'opposition.
Un député d'opposition au Venezuela a été blessé ce jeudi 9 juin dans des heurts avec des partisans du gouvernement, alors que les forces de l'ordre bloquaient l'entrée du Conseil électoral à des parlementaires venus réclamer un référendum pour révoquer le président Nicolas Maduro.

Le visage ensanglanté après avoir pris un coup, le député Julio Borges, chef du groupe parlementaire de la Table pour l'unité démocratique (MUD, centre-droit), a dû se réfugier dans des bâtiments administratifs de l'Assemblée, près du Conseil national électoral (CNE).

Formant un cordon de sécurité autour des bureaux du CNE, dans le centre de Caracas, policiers et militaires ont bloqué le passage à un groupe de députés d'opposition, accompagnés de dizaines de sympathisants de la MUD, majoritaire au Parlement. La situation s'est tendue quand un groupe de chavistes (du nom de l'ex-président Hugo Chavez, 1999-2013) s'est approché, déclenchant des heurts.

"Le référendum révocatoire, maintenant", ont crié les membres de l'opposition face aux sympathisants chavistes qui leur ont répondu en chantant "Cette Assemblée va tomber". Les forces de l'ordre ont lancé des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants.
Venezuela (étudiants)
Les étudiants affrontent la police anti-émeutes (jeudi 9 juin) ©AFP/Ronaldo Schemidt

Un référendum anti-Maduro validée

Le Venezuela est au bord de l'implosion depuis plusieurs mois, déchiré par la guerre politique entre le Parlement contrôlé par l'opposition et le gouvernement socialiste, dans un climat d'exaspération populaire lié à l'effondrement économique de ce pays pétrolier.

Le conseil national électoral a validé un million trois cents mille signatures présentées par l'opposition en faveur d'un référendum pour révoquer le président Nicolas Maduro.

L'opposition exige du CNE qu'il détaille les prochaines étapes pour activer le référendum révocatoire à l'encontre du président Maduro, élu jusqu'en 2019, après avoir validé 1,3 million de signatures en faveur de cette consultation.

Pour provoquer de nouvelles élections, une consultation doit être organisée avant le 10 janvier 2017, sinon M. Maduro serait simplement remplacé par son vice-président. Même si sept habitants sur dix souhaitent le départ du président, la mobilisation semble limitée par l'imposant déploiement policier, les soucis d'un quotidien accaparé par la recherche de nourriture et les divisions de l'opposition.
Avec AFP