Vers un nouvel affrontement électoral entre indépendantistes et autonomistes ?

Des militants du MIM lors de la rentrée politique du mouvement (10 janvier 2021).

La concurrence frontale entre le MIM et le PPM que nous connaissons depuis une trentaine d’années va-t-elle se prolonger à l'occasion des prochaines élections territoriales ?

Les prochaines élections territoriales seront-elles l’occasion de débuter un nouveau cycle politique ? En l’occurrence, la fin de la bipolarisation du paysage politique. Beaucoup l’espèrent, quelques uns le disent. Comme Péyi’a, de Marcellin Nadeau et Jean-Philippe Nilor.

Ils souhaitent faire exploser le verrouillage de la vie politique que nous connaissons depuis une trentaine d’années. Celle-ci est articulée autour de l’affrontement permanent entre deux mouvances, les nationalistes radicaux et les nationalistes modérés.

D’un côté, le camp indépendantiste rassemblé autour du Mouvement indépendantiste martiniquais (MIM) d’Alfred Marie-Jeanne. De l’autre, les autonomistes rassemblés autour du Parti progressiste martiniquais (PPM) de Serge Letchimy.

Le premier affrontement entre ces deux pôles a lieu à l’occasion des élections régionales de 1990. Cette année-là, il fallait revenir aux urnes après l’annulation des élections de 1986. La droite et la gauche avaient obtenu 92% des voix. Et voici que la donne change. Les indépendantistes obtiennent 22% des voix et entrent au conseil régional avec 7 élus.

Les militants du PPM au siège du parti à Trenelle (Fort-de-France).

Un nouveau cycle politique est-il concevable ?

 

Un nouveau cycle commence alors. Le MIM entre en concurrence frontale avec le PPM en grignotant sur l’électorat déçu par la droite et par la gauche. Dix-huit mois plus tard, aux élections de 1992, les deux partis font jeu égal avec 16% des voix chacun.
 

Deuxième round aux régionales de 1998, Alfred Marie-Jeanne devient président du conseil régional. Sa liste devance nettement celle du PPM de 9 points. Des résultats confirmés en 2004, montrant un PPM affaibli. Troisième round aux élections municipales de 2001 à Fort-de-France.

Serge Letchimy, successeur désigné d’Aimé Césaire, l’emporte au second tour avec 53% des voix, mais la défaite électorale d’Alfred Marie-Jeanne, avec 37%  des suffrages, est en réalité une victoire politique. Son score inattendu lui permet d’implanter durablement le MIM à Fort-de-France et d’infuser son influence dans tout le pays.

Nous connaissons la suite. Le PPM revient au pouvoir à la Région en 2010. Puis il est vaincu aux élections territoriales de 2015. Le paysage politique est resté quasiment immuable ces trois dernières décennies. Qu’est-ce qui empêche que les prochaines élections territoriales de 2021 débouchent sur une nouvelle offre ?