Violence en Martinique : le président de l’association des maires souhaite "une stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance"

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Justin Pamphile
Justin Pamphile, 1er magistrat du Lorrain, élu président de l’Association des Maires de Martinique (22 juillet 2020) ©Gérard Cabrimol
Dans une tribune adressée à la presse lundi 8 août 2022, Justin Pamphile propose à l’Etat et à la Collectivité Territoriale de Martinique de construire "ensemble", avec les maires, une "stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance". L’objectif est de lutter contre la violence qui gangrène l’île, selon la volonté de l’Assemblée. "C’est vers ces Maires que se tourne la population systématiquement sur ces questions, en tant qu’interlocuteur de proximité".

Le 28 juillet 2022, lors de sa séance plénière mensuelle, l’Assemblée de Martinique a formulé à l’adresse du Gouvernement, plusieurs demandes pour tenter de juguler la flambée de la délinquance et de la criminalité dans l’île.

Une plateforme de revendication a été conçue à partir de multiples réunions de travail collaboratif entre les élus, les organisations syndicales, les associations et des participants de la société civile. L’Assemblée a donné mandat au Président du Conseil Exécutif pour engager les négociations avec l’Etat, afin de renforcer sans délais les moyens de lutte contre l’insécurité au niveau local.

CTM

Serge Letchimy a donc adressé un courrier à Gérald Darmanin, Ministre de l’Intérieur et des Outre-Mer, afin de lui souligner "plusieurs demandes cruciales à mettre rapidement en œuvre pour garantir la sécurité des familles martiniquaises".

Les attentes exprimées par la Collectivité 

  • L’installation sans délais de radars côtiers assurant la surveillance des eaux martiniquaises.
  • La réouverture du poste de douane de Saint-Pierre
  • Le renforcement des effectifs de la brigade de surveillance extérieure de Fort-de-France, de Trinité, du Lamentin et du Marin
  • L’effectivité de l’installation d’un scanner mobile dédié au contrôle des flux de marchandises sur le Grand Port Maritime de Martinique
  • La création de trois brigades mobiles de gendarmerie supplémentaires aux Anses d’Arlet, au Morne-des-Esses et au Carbet
  • La création d’une brigade de gendarmerie à Sainte-Anne
  • Le renforcement des moyens humains réels et opérationnels des douanes, de la Police et de la gendarmerie nationale
  • La création d’une base cynotechnique Antilles-Guyane au Centre Pénitentiaire de Ducos.
  • Le renforcement des moyens humains dans l’administration pénitentiaire
  • Le renforcement de la coopération opérationnelle entre les polices municipales et les forces de sécurité intérieures grâce à la mise en œuvre de l’interopérabilité des réseaux de radiocommunication entre les polices municipales et les forces de sécurité de l’État (Police nationale, Douanes, Gendarmerie).

 (Source : CTM)

"Cette démarche se veut une première étape nécessaire, une réponse à l’urgence et à la gravité de la situation" souligne la gouvernance de la Collectivité Territoriale de Martinique.

CTM / Serge Letchimy et Lucien Saliber
La gouvernance de la CTM en réunion (image d'illustration) ©CTM

"Une réflexion de fond"

Mais le président de l’association des maires de Martinique, par ailleurs élu de l’opposition à l’Assemblée, souhaite "une vraie réflexion de fond sur les causes de la montée de la violence en Martinique".

Il semble pourtant, malgré cette urgence à réagir, nécessaire de prendre un temps de recul afin d’analyser plus sereinement, à froid, la problématique de la violence sur notre territoire et de tenter d’y apporter des réponses impliquant l’ensemble des acteurs, en mesure de contribuer à la construction d’une réponse.

Justin Pamphile

Le maire du Lorrain résume en un triptyque la co-construction qu’il appelle de ses vœux avec l’ensemble de ses collègues : "Prévention / Répression / Solidarité", et il avance quelques propositions telles que "la création d’équipes territorialisées d’éducateurs de rue sur l’ensemble du Territoire Martiniquais (Zonage), ce qui nécessite une refonte totale de l’existant". Justin Pamphile souhaite parallèlement "que les demandes formulées par les organisations syndicales soient entendues" en termes de répression.

S’agissant du volet solidarité, le conseiller territorial invite l’Assemblée à réfléchir sur "ce qu’il est possible de faire de plus, afin de créer de meilleures conditions de vie pour l’ensemble des familles touchées par la pauvreté, le dénuement, ou encore par une forme de violence sociale consumériste provoquant la bascule vers la criminalité".

Notre institution entend jouer son rôle dans l’élaboration d’un diagnostic territorial de sécurité en sollicitant et en aidant les Maires à construire localement des outils de réponse aux difficultés auxquelles ces derniers se trouvent confrontés. En s’engageant aux côtés de l’Etat sur ces questions, c’est une première pierre que l’Association des Maires a souhaité poser. Il convient de souligner que cette même demande d’aide et de partenariat a été faite au Président du Conseil Exécutif de la Collectivité Territoriale de Martinique.

Le président de l’AMM

Justin Pamphile conclut ainsi sa tribune :

C’est vers ces Maires que se tourne la population systématiquement sur ces questions en tant qu’interlocuteur de proximité. Il convient donc que la CTM et l’État soient à leurs côtés afin de les accompagner dans la construction mutuelle de réponses adaptées aux réalités de terrain.

Le maire du Lorrain