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LIBERTE DE LA PRESSE : IBRAHIM YAHAYA journaliste à France Télévisions Mayotte 1 ère agressé par des gendarmes

Ibrahim YAHAYA, journaliste à Mayotte 1 ère, a été agressé par des gendarmes .
 Il filmait de loin le débarquement des victimes d’un naufrage de kwassa – kwassa, embarcation de fortune utilisée par les passeurs pour faire rentrer à Mayotte des immigrés clandestins venant des Comores. 

  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le , mis à jour le
IBRAHIM YAHAYA , JOURNALISTE A FRANCE TELEVISIONS MAYOTTE 1 ère
© IBRAHIM YAHAYA , JOURNALISTE A FRANCE TELEVISIONS MAYOTTE 1 ère

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IbrahimYAHAYA , journaliste à France Télévisions Mayotte 1 ère Radio a été agressé par des gendarmes le jour du rassemblement en hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo.
De retour du reportage sur ce rassemblement, Ibrahim Yahaya filmait de loin le débarquement des victimes d’un naufrage de kwassa – kwassa, embarcation de fortune utilisée par les passeurs pour faire rentrer à Mayotte des immigrés clandestins en provenance des Comores.
Voici le récit de l’incident par lui – même, Ibrahim YAHAYA : 
 

« J’étais en train de photographier l'arrivée probable des corps repêchés aujourd'hui à Mayotte lorsque les gendarmes qui se trouvaient  à plusieurs mètres de l’Amphidrome m’ont fait signe de ne pas photographier. Toutefois, au nom de la liberté d'expression et de la transparence, j'ai continué mon travail. Trois gendarmes sont venus ensuite m'accueillir à l'arrivée de l'amphidrome. Ils m’ont d’abord demandé d’effacer les photos et j'ai formellement refusé et suite mon refus, ils m'ont demandé mes papiers et j'ai alors montré ma carte d'identité des journalistes professionnels. Un des gendarmes m'a ensuite dit que ce n'était pas une carte d'identité et  j'ai fini par sortir ma carte nationale d’identité.  Après vérification de mon identité, ils m'ont demandé une deuxième fois d'effacer les photos. Je refusé une nouvelle fois de les effacer. Ils m'ont alors demandé de les accompagner vers le quai des douanes, loin des regards. Ils ont commencé à me bousculer.  Du quai des douanes,  ils m’ont dit de les suivre  jusqu'à l'embarcadère. Il y avait  une flaque d'eau sur le passage. J’ai dit au gendarme que je ne peux pas passer les pieds dans l’eau… et qu’il fallait que j’emprunte un autre chemin. Un des gendarmes a donné un grand coup de pied sur la flaque d'eau pour m’éclabousser. Il en ricanait et m’a dit : «  tu vois,  il pleut » … J’ai voulu reculer. Le gendarme m'a fait une prise de strangulation et jeté violemment à terre. Avec ses collègues, ils ont essayé de m'intimider pour que j'efface les photos… »

Le Colonel de gendarmerie a reconnu le dérapage des gendarmes et la préfecture de Mayotte a adressé une note aux rédactions de la presse locale :


Le 8 janvier 2015, à proximité de l’îlot de MTsamboro, la brigade nautique de la gendarmerie de Mayotte prend en charge les corps de six victimes d'un naufrage de kwassa kwassa. Il s'agit de quatre hommes dont un adolescent et de deux enfants. A 15 heures, les corps des victimes sont débarqués sur le ponton de la gare maritime en Petite Terre afin que les techniciens en identification criminelle et le médecin du SAMU puissent procéder aux constatations. Pendant ce temps, un amphidrome arrive au quai Ballou. A bord, un passager prend des photos alors que les dépouilles sont en train d'être examinées. Deux gendarmes se rendent au point de débarquement de l'amphidrome afin de contrôler l'identité de la personne. Ils s'appuient sur l'article 78-2 du code de procédure pénale qui précise qu' à Mayotte, dans le cadre de l'article 113 de la loi n°2006-911 du 24 juillet 2006, une personne peut être contrôlée dans une zone comprise entre le littoral et une ligne tracée à un kilomètre en deçà. L'auteur des prises de vue fait état de sa qualité de journaliste à Mayotte 1ère. Les photographies ayant été effectuées à partir d'une zone publique, il était donc libre de les prendre sans devoir demander d'autorisation. De fait, la demande de contrôle des photographies que souhaitaient effectuer les gendarmes, en dépit de la situation particulière qu'ils avaient à gérer, était inopportune. Ces derniers auraient dû se limiter à rappeler leur souci de préserver la mémoire des victimes. Le journaliste a inutilement dû attendre l'arrivée des gendarmes de la brigade de Pamandzi avant de pouvoir rejoindre sa rédaction.
SERVICE DE COMMUNICATION INTERMINISTERRIELLE DE LA PREFECTURE DE MAYOTTE


 
 
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