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La FDSEA et les jeunes agriculteurs de Mayotte au ministère des Outre – mer à Paris

Des délégations de la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles de Mayotte (FDSEA) et des Jeunes Agriculteurs de Mayotte  ont rencontré, le 30 juin dernier, les responsables du bureau des politiques agricoles rurales et maritimes du ministère des Outre–mer à Paris. 

LES DELEGUES DE LA FDSEA ET DES JEUNES AGRICULTEURS DE MAYOTTE © ERIC BERTON
© ERIC BERTON LES DELEGUES DE LA FDSEA ET DES JEUNES AGRICULTEURS DE MAYOTTE
  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le
Laïni MOGNE-MALI, présidente de la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles de Mayotte (FDSEA) et Ahmed CHAMSIDINE, son secrétaire général, ainsi que Harouna EL HAD-DINE, président des Jeunes Agriculteurs de Mayotte et Mattoir NAOUIROUDDINE, son secrétaire général, ont rencontré, le 30 juin dernier, les responsables du bureau des politiques agricoles rurales et maritimes du ministère des Outre – mer à Paris.

ERIC BERTON ET EMMANUEL TUSEVO


Au cours de ce rendez-vous qui fait suite à la venue du Premier Ministre, Manuel Valls, à Mayotte les 12 et 13 juin derniers, Laïni MOGNE-MALI a présenté à Arnaud Martrenchar , chef du bureau des politiques agricoles rurales et maritimes de la direction générale des Outre-mer, les problèmes auxquels est confronté t l’agriculture mahoraise.  

Ahmed CHAMSIDINE a évoqué, pour sa part, la problématique des retraites qui bloque les installations des jeunes agriculteurs. Il s’agirait d’accompagner les candidats à l’installation pour faciliter la reprise des terres.
 « La terre doit appartenir aux vivants » a affirmé Harouna EL HAD-DINE, le président des Jeunes Agriculteurs, sans oublier les besoins vitaux des futurs retraités. Il a également insisté sur l’utilité économique de professionnaliser l’agriculture et de renouveler les générations de paysans.
 Arnaud Martrenchar convient lui-même que la solution mérite réflexion, considérant que son coût ne serait pas prohibitif.

Projet d’investissement

« L’agriculture mahoraise se professionnalise et doit absolument investir pour se développer. », a encore souligné Ahmed CHAMSIDINE qui regrette que « les banques refusent de financer les projets agricoles. »

Arnaud Martrenchar s’est fait rassurant. Il a expliqué que, depuis fin 2014, la Commission Européenne a étendu à Mayotte la possibilité de bénéficier du Fonds de garantie en faveur de l'agriculture et de la pêche, le FOGAP. Ce fonds permet de garantir un prêt pour financer un projet d’investissement, comprenant le préfinancement d’une aide publique.
 Si l’annonce ne surprend pas la délégation, il semble que tout ne soit pas encore mis en œuvre pour que ce fonds soit accessible
. Arnaud Martrenchar a rappelé que le préfet doit réunir les banques et réaliser les informations nécessaires. Les agriculteurs eux même doivent insister auprès de leur organisme bancaire.

Sanctuarisation des terres

Concernant la maîtrise du foncier, la secrétaire générale de la FDSEA Mayotte considère que « le développement de l’agriculture mahoraise ne passera que par une politique volontariste de sanctuarisation des terres agricoles. »

Arnaud Martrenchar a précisé que le rôle d'opérateur foncier a été confié transitoirement à l'Agence de Services et de Paiements (ASP) de Mayotte. L'ASP dispose donc du droit de préemption et de la possibilité de demander une révision du prix des terres.
Les représentants des Jeunes Agriculteurs et de la FDSEA ont réaffirmé également la nécessité de représentation des agriculteurs dans les différentes commissions qui traitent des problématiques foncières et ont souhaité être décisionnaires.

Dérogation attendue

L’administration locale et les représentants syndicaux semblent convenir de la nécessité de déroger à la loi littorale, notamment pour les maisons d’habitation des agriculteurs. La demande de dérogation est donc fermement faite. Cela permettrait de pallier le manque de voirie mais aussi de sécuriser les exploitations. L’agriculture mahoraise mériterait également une réflexion sur la formation agricole. Son développement ne pourra se faire sans paysans ni techniciens ou cadres agricoles sérieusement formés. Les 300 élèves formés chaque année au Lycée Agricole de COCONI pourraient avoir cette vocation. Les Jeunes Agriculteurs en ont formulé le souhait.
ERIC BERTON ET EMMANUEL TUSEVO

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