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L'actualité régionale 16 Mai

  • Par Bruno Minas
  • Publié le
COMORES

Le camp présidentiel voudrait créer un parti politique de la majorité


Maintenant que le président Azali Assoumani est bien installé, après une longue période troublée de contestation, de référendum constitutionnel et d’élection présidentielle controversés, il souhaiterait avoir un grand parti pour le soutenir. Le camp Azali est un conglomérat de formations diverses et d’individualités. Le grand paradoxe est que le camp présidentiel ne peut pas être qualifié de "majorité" puisqu’il n’a même pas la majorité des sièges au parlement. L’assemblée nationale des comores est en effet dominée par l’opposition. Des députés en principe opposés au camp Azali. En principe seulement, car certains sont versatiles.
Le camp présidentiel voudrait afficher une plus grande force avant la fin de l’année à travers un parti unifié. Le quotidien indépendant « La Gazette des Comores » s’en fait l’écho ce matin. Reste l’épineux problème du chef de file. Si ce n’est pas le président lui-même qui en prend la tête, on assistera à une guerre des chefs épique, où chacun voudra être Calife à la place du Calife.





MADAGASCAR

A dix jours des législatives, les parlementaires ne sont pas à la fête


Il y a d’abord l’affaire de ce sénateur, Jeannot Fernand, dont la Haute Cour Constitutionnelle vient de décider la déchéance. Il a contrevenu à l’article 72 de la constitution que l’on appelle l’article anti-caméléon. Il interdit de se faire élire sous les couleurs d’un parti, et de changer ensuite en cours de mandat. Ce sénateur élu dans le camp Ravalomanana, est passé opportunément dans le camp Rajoelina. Même si, comme plaisantait Edgar Faure «  ce n’est pas la faute des girouettes si le vent tourne », le parlementaire perd son siège.
18 députés sont visés par la même sanction. 79 autres sont dans le collimateur de la justice pour des faits plus graves de corruption.
Tout cela se passe dans un climat d’antiparlementarisme. On prévoit une participation faible le 27 mai ; on sait aussi que – concernant le sénat – le président a l’intention de le faire disparaitre dans une prochaine réforme constitutionnelle.







MAURICE

Un français retraité à Maurice depuis 15 ans, veuf d’une épouse mauricienne se voit refuser l’accès à la nationalité


Les autorités mauriciennes sont de plus en plus dures vis-à-vis de l’intégration des étrangers. On se souvient de l’affaire du belge ancien pilote d’Air Mauritius, autorisé à se marier avec une mauricienne mais déclaré indésirable sur le territoire. Cette fois c’est un français âgé de 76 ans. Il est arrivé en 2004. Il a épousé une mauricienne. Il a construit leur maison sur un terrain de sa femme. Son épouse est décédée d’un cancer l’année dernière. Le retraité veut passer le restant de ses jours à Maurice. Il a demandé la citoyenneté. Demande refusée, sans motif. Il a eu beau plaider qu’il ne coûte rien à l’Etat Mauricien, il touche une retraite de France, au contraire même, il dépense son argent exclusivement à Maurice. Sur les conseils de son avocat il a décidé de saisir la Cour Suprême. Le parlement a voté récemment des lois restrictives. Par exemple un conjoint étranger de Mauricien n’aura plus le droit de travailler pendant les 5 premières années de présence. Plusieurs voix dans l’opposition se sont élevées contre ces décisions, sans succès.
 




SEYCHELLES

Aux Seychelles un mouvement créole identitaire vient d’être créé en réaction aux influences étrangères


Cela s’appelle tout simplement – en créole – « Mouvman Kreol Seselwa ». Son leader, Cyril Lau Tee, dit qu’il ne s’agit pas d’un parti politique, même si les objectifs affichés sont clairement politiques. Il considère qu’il y a trop de personnes originaires de l’étranger dans les principaux secteurs de l’économie seychelloise. Il déplore que le commerce soit aux mains des chinois et des indiens, et que même les employés sont rarement seychellois. « Nous ne sommes pas racistes » se défend Cyril Lau Tee, « mais nous pensons qu’il est devenu trop facile d’obtenir la citoyenneté seychelloise ».
Il est vrai que le passeport seychellois est assez prisé car il ouvre quasiment les portes du monde entier sans visa, contrairement à beaucoup de nationalités africaines ou asiatiques. Le mouvement créole seychellois a déposé officiellement ses statuts au mois de mars dernier. Sa première démarche a été de demander aux services d’immigration combien de naturalisations ont été acceptées depuis 2015, et demander également que l’on arrête d’octroyer la nationalité seychelloise aux étrangers.





Les plages des Seychelles livrent un nouveau témoignage accablant sur la pollution des océans


Une expérience a été menée pendant dix jours dans six îles différentes de l’archipel par un groupe de volontaires d’une association environnementale.
Ils ont ramassé 10 tonnes de déchets sur les plages et dans les mangroves. La plupart sont des plastiques. Une grande quantité de tongs, des bouteilles, des emballages de toutes sortes, et ils les ont soigneusement classés et identifié leur provenance, notamment à l’aide des codes-barres.
Il résulte que 22% des codes-barres provenaient d'Indonésie et les autres pays identifiés étaient l'Afrique du Sud, la Tanzanie, Maurice, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, Singapour, la Malaisie, le Sri Lanka, la Thaïlande, le Japon, la Corée du Sud et aussi un peu les Seychelles. 
Ils les ont classés aussi par marques. Coca-Cola et Danone se taillant la part du lion.
On se souvient que début avril, des étudiants ont ramassé 25 tonnes de déchets sur l’atoll inhabité d’Aldabra, dont 50 000 tongs de provenance inconnue mais nécessairement  « made in China ».





TANZANIE

Le gouvernement tanzanien veut mettre fin à l’utilisation des sacs plastiques, mais la mesure a beaucoup de mal à passer


Pour la Nième fois, les autorités tanzaniennes annoncent la fin du plastique. Les policiers sont censés faire des descentes dans les commerces pour confisquer les emballages. Jusqu’à présent toutes les tentatives sont restées sans effet. Les sachets sont toujours distribués dans les marchés de Dar es Salaam. Même l’eau fraiche, et certaines boissons sucrées ou alcoolisées sont vendues dans des poches plastiques. Les tanzaniens ont beaucoup moins de succès que leurs voisins dans la lutte contre le plastique. Au Kenya cela marche mieux, et surtout au Rwanda où cela fait plus de dix ans qu’il est impossible de trouver un seul sac plastique. Même les voyageurs à l’arrivée à l’aéroport se font confisquer leurs sachet de produits duty-free achetés au départ. Les Seychelles également font figure de bons élèves dans la région.  En Tanzanie, la loi dit que les sachets seront interdits à partir du 1er juin prochain. Mais on ne voit pas comment cela pourra être appliqué.



 

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