L'Aïd, confinée mais conviviale

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Le coronavirus bouscule le quotidien de la population et encore plus en cette journée de célébration de la fin du mois de ramadan. Habituellement, l’Aid est la journée pour aller rendre visite à sa famille et à ses proches. Cette année, la fête est un peu terne.
 
L’Aid 2020, une fête bien particulière. « Une fête qui entre dans l’histoire » selon Mouziati. Cette infirmière à la retraite est aujourd’hui grand-mère et « jamais on n’a vécu ça » se souvient-elle « j’espère que plus jamais, nous ne revivrons une fête de l’Aid comme ça ». Vêtue de son boubou blanc, elle a fait la prière de l’Aid, chez elle, avec son mari. « Cette prière est une suna mais comme il a été dit par le cadi, on peut le faire à la maison, alors on l’a fait ». Cette famille comme tant d’autres à tenu à respecter la tradition de l’Aid, tout en restant confinée..
samoussas

Même si c’est du jamais vécu « ça reste une journée festive malgré tout » dit-elle. Une fête de fin du ramadan ou il n’y a pas de visiteurs, « pas de main de l’Aid, pas de sinina banda sinina » complète Warda sa fille, dont la maison est à quelques mètres de celle de ses parents.
Cette famille a « la chance » comme dirait la grand-mère de vivre dans une grande cour, « ensemble ». Mouziati est avec deux de ses filles et non loin de là, il y a la maison de sa soeur. « Ça n’est pas comme en France, on est avec la famille » reconnait-elle, sans doute en pensant à ses autres enfants, vivant loin d’elle.

La famille a tenu malgré tout à garder la convivialité du moment. L’Aid est une fête importante pour cette grand-mère et comme chaque année, elle a tenu à décorer sa maison, à refaire la peinture et à cuisiner des bons petits-plats.
Du côté de chez Warda, tout le monde a mis les habits de circonstance. Des gâteaux et des amuses-bouches sont servis sur la table, pour la grande-joie des enfants. Warda est mère de deux enfants de huit et deux ans, et pour elle « c’est important de garder ce côté festif malgré tout. Même si on n’a pas les gens qui viennent nous rendre visite, même si on n’a pas ces hodi mais ça reste un moment festif ».
Les enfants vêtus de leurs plus beaux habits, tous neufs, dégustent les délices servies, loin des préoccupations des adultes.

Cependant, Mouziati regrette de ne pas pouvoir se rendre au cimetière et « envoyer une prière » à ses parents. Elle regrette cette situation, et cette femme pieuse prie « pour que plus jamais, une fête de l’Aid ne soit comme ça. Allah nous éloignera de cette maladie. On n’oubliera même ce que l’on a vécu cette année » en est-elle convaincue.
L’ancienne infirmière note avec effroi que « tout le monde ne respecte pas le confinement. Je vois des gens sortir sans masque, sans rien. Ils ne respectent rien, mais la maladie est bien là, et il faut écouter les consignes qu’on nous donne » dit-elle d’une voix inquiète.

L’année dernière, à l’Aid, la famille avait dressé une table au bord de la route avec des gâteaux, du jus, du thé, des sambossas et autres amuses-bouches, pour les fidèles qui reviennent de la mosquée. Cette année, elle s’est abstenue. Sur la route, on est loin des cohues de l’Aid. Preuve que l’Aid 2020 est bien particulière.