Binti Madjida Saïd: la politique comme héritage

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Binti Madjida Said, étudiante en dernière année à Sciences Po Paris
Binti Madjida Said, étudiante en dernière année à Sciences Po Paris ©Hachim Said-Hachim - Mayotte la 1ère
Après un concours réussi en 2018 qui lui ouvre les portes de sciences Po Paris, suivi par 4 années de coupure avec son île natale, Binti Madjida Saïd revient à Mayotte se ressourcer. Un retour vital avant l’achèvement de sa dernière année en master II. Nous l’avons rencontrée à Bandrélé.

Après 4 ans, loin de sa famille, Binti Madjida Said revient se détendre à Mayotte. Revenir chez elle se ressourcer est important pour celle qui est aujourd’hui étudiante en master 2 à Sciences Po Paris.

Baignée dans la sphère politique dès son enfance, elle éprouve une profonde admiration envers son oncle, Abdoulatifou Aly, dernier député de l’ère circonscription législative unique, décédé le 27 juin 2020. Une perte immense pour la jeune femme 

Ça a été un grand coup pour moi ; c’était l’un de mes mentors, qui m’a poussée vers cette voie-là.

Binti Madjida Saïd.

Après un Baccalauréat avec mention en poche et un concours d’entrée en Prépa Sciences Po réussi, Binti Madjida Saïd part de Mayotte avec confiance, un excès de confiance qui au final n’avait pas lieu d’être. Mais ce fut l’occasion pour elle d’affronter la réalité: 

Arrivée à Sciences Po, c’était un choc culturel déjà, et on arrive face à des enfants de ministres qui ont un niveau nettement supérieur au tien. Tu te rends alors compte, que ton niveau d’où tu es partie, il faut le rehausser davantage pour être vraiment dans l’Excellence, parce que malheureusement, Sciences Po n’accepte pas plus d’un redoublement.

Binti Madjida Saïd, étudiante en Master 2 Sciences Po Paris.

Mais Binti a su relever la tête, et surmonté les doutes par sa seule détermination, en suivant au mot près, le conseil de feu son oncle : 

Djitihadi mahazu, comprenez : avec de la persévérance, on peut arriver à tout.

Le conseil d'un oncle à sa nièce.

 Une phrase qui l’a motivée à aller jusqu’au bout. En dernière année de Science Po, elle lance ce message vis-à-vis des jeunes mahorais : « ce sont des voies qui sont possibles, il ne faut pas se limiter ; quand des portes ne s’ouvrent pas, il faut savoir les casser pour s’ouvrir les portes déjà à soi-même, mais également pour les autres qui vont arriver par la suite ».

Ne pas se laisser porter par les choses et être acteur de ses études, c’est aussi le conseil que la jeune femme répète inlassablement à son jeune frère Eliasse, tout juste reçu au bac cette année. Et le conseil n’est pas entré dans l’oreille d’un sourd. 

De voir ma grande sœur réussir, je me dis, qu’il faut que je fasse comme elle ; ne pas baisser les bras même si c’est dur. Quel que soit le niveau, quelle que soit la gifle que je prendrai, je ne dois pas baisser les bras, je peux passer au-dessus de la gifle.

Eliasse, frère de Binti.

Sur la situation de Mayotte, notamment la politique, Binti Madjida Saïd a déjà des idées bien tranchées, particulièrement sur la question de la suspension des fonds européens. Pour elle, il faut que nos élus se mobilisent plus que jamais.

Après ses études, pour contribuer au développement son île natale, Binti Madjida Saïd pense poursuivre sa voie professionnelle dans les relations européennes voire internationales.