Comores: les détenus dénoncent leurs conditions d'incarcération

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Comores, une prison surchargée
Comores, une prison surchargée ©Faïza Soulé-Youssouf - Mayotte la 1ère
Faute de place en prison, des prisonniers dorment à tour de rôle Depuis jeudi, les détenus de la maison d’arrêt de Moroni observent une grève pour dénoncer leurs conditions d’incarcération. Ils demandent un plan de désengorgement de la prison.

Les détenus de la maison d’arrêt de Moroni observent une grève depuis le 28 juillet afin de dénoncer leurs conditions d’incarcération, « aucun nouveau détenu ne pénétrera cette prison tant que nous ne serons pas entendus et nous n’accepterons aucune visite ». Les revendications pour l’unique prison de Moroni sont nombreuses et révèlent les failles de la machine judiciaire.

Comores: un détenu dans une prison surchargée
Comores: un détenu dans une prison surchargée ©Faïza Soulé-Youssouf - Mayotte la 1ère

Prévue pour abriter au maximum 100 détenus, la prison de Moroni en compte 327 dans des conditions d’hygiènes déplorables. « Il y aurait 227 individus qui sont dans l’attente d’un jugement et 90 dont le délai de détention provisoire (4 mois renouvelable une fois) est dépassé depuis longtemps », selon un détenu qui a requis l’anonymat. Le prisonnier le plus célèbre dont le délai de détention provisoire est dépassé depuis longtemps est l’ancien président, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Il est en détention provisoire (dans sa résidence transformée en annexe de la maison d’arrêt, ndlr) depuis août 2018 pour crime économique et n’a toujours pas été jugé.

 

Comores: des détenus dénoncent leurs conditions de vie
Comores: des détenus dénoncent leurs conditions de vie ©Faïza Soulé-Youssouf - Mayotte la 1ère

Dans certains dortoirs, faute de place, les détenus dorment à tour de rôle.  Sans surprise, les grévistes demandent un plan de désengorgement de la prison ainsi « que l’obtention d’un calendrier pour tous les détenus non jugés et qui ont dépassé la durée légale de détention ». Ils se plaignent également de la vétusté du bâtiment, de sa promiscuité, de son insalubrité et du manque de sanitaires dans les dortoirs, ce qui les oblige nuitamment à faire leurs besoins dans un seau. 

 

Par ailleurs, les prisonniers exigent « d’avoir un médecin permanent » sur leur lieu de privation de liberté. Mayotte la 1ere a contacté le ministre de la justice Djae Ahmada Chanfi, afin de connaitre les réponses qu’il comptait apporter aux revendications des détenus en vain. Nous avons également joint le secrétaire général du ministère de la justice Ahmed Sinani qui nous a demandé de joindre le Garde des Sceaux. Ahmed Sinani, avait assuré dans les colonnes du journal Al-watwan paru le 21 juillet que 

les revendications des grévistes étaient légitimes. Tout est mis en œuvre pour avoir un lieu d’incarcération qui réponde aux normes.

Ahmed Sinani.

Le secrétaire général s’était rendu à la maison d’arrêt la semaine dernière justement après une première grève observée par les prisonniers toujours dans le but de dénoncer leurs conditions carcérales.