Une comorienne de 12 ans violée par plusieurs garçons à tour de rôle 

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©Faïza Soulé Youssouf et Ibrahim Youssouf
Une fillette de 12 ans a été violée à tour de rôle par 6 garçons sur une durée plus ou moins longue. La petite présentant des signes de déficience mentale n’a pas pu déterminer avec certitude la date des faits. Elle a en revanche pu livrer les noms des violeurs présumés.

C’est une affaire grand bruit et qui a suscité l’émoi en Union des Comores.

Amina*, fillette de 12 ans a été violée par des mineurs supposés à Moroni, à plusieurs reprises. Le Service d’écoute de Ngazidja, structure s’occupant des cas de violences et de viols sur les enfants et les femmes, a été saisi par la famille de la petite fille le 24 janvier dernier. « Il ne s’agit pas d’un viol collectif comme lu ici et là sur les réseaux sociaux, il est vrai qu’il y a eu viol sur une gamine de 12 ans mais les 6 violeurs présumés n’ont pas abusé d’elle en même temps », a tenu à préciser Mziarani Mradabi, chef de service de la cellule d’écoute de Ngazidja. Fait d’autant plus grave « Amina, selon le certificat médical établi par la psychologue présente des signes de déficience mentale ». La fillette comme les violeurs présumés viennent tous du même quartier. « Ils se seraient arrangés pour la violer sur une durée plus ou moins longue, à tour de rôle mais jamais en même temps », selon les informations recueillies. 
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©Faïza Soulé Youssouf
Amina  a réussi à livrer les noms, selon notre interlocuteur.  Quant à la date où se sont déroulés les faits, « du fait de son retard mental, elle n’arrive pas à se situer dans le temps, elle ne maitrise pas les dates et n’a donc pas pu nous donner des informations à ce sujet ; par ailleurs, nous avons senti qu’elle était traumatisée par ce qui lui est arrivé », a-t-il relaté. Le dossier est transmis au parquet de Moroni ce 28 janvier. Une gynécologue y a joint un dossier médical, « attestant des faits ». 
 

« Chantage sur Amina pour qu’elle ne dénonce pas les violeurs présumés »

Une autre source, qui a requis l’anonymat a fait savoir « que certains jeunes hommes ont fait chanter la jeune fille au moyen d’images compromettantes pour lui ôter l’envie de les dénoncer ». Les lieux utilisés pour abuser d’elle ont eux aussi été identifiés. L’on dit même que l’épave se trouvant au vieux port de Moroni en face de la grande mosquée a pu servir. L’un des auteurs présumés, un mineur en difficulté, serait déscolarisé et ne vivrait pas avec ses parents. Il disposerait même d’une garçonnière qui aurait elle aussi servi à violer la petite Amina. 

Se pose alors la question de la responsabilité pénale. Plusieurs de nos sources ont affirmé que les violeurs présumés étaient tous mineurs sans s’avancer sur leur âge réel sachant qu’il y a une distinction entre les mineurs de moins de 15 ans et les autres. D’autres affirment que seul un violeur présumé serait mineur, les autres ayant atteint la majorité. Ce sera à la justice de trancher cette question.  Toujours est-il que « si le mineur est âgé de moins de 15 ans, il ne pourra faire l’objet que d’une admonestation du tribunal de simple police, en revanche, s’il a 15 ans révolus, il écope au maximum, de la moitié de l’infraction prévue dans le code pénal », a expliqué Me Moudjahidi Abdoulbastoi, avocat au barreau de Moroni.  
Comore
Najda Said Abdallah, présidente de l’association Mwana Tsi Wa Mdzima.  ©Faïza Soulé Youssouf
 

« Il faut une prise de conscience collective »

L’affaire qui a suscité grand-bruit révèle la défaillance de l’Etat concernant la prise en charge des enfants en difficulté. « Le plus grand souci reste la prise de conscience, il faut que la société comorienne se remette en cause afin de trouver des solutions à ses problèmes, il faut aussi que l’Etat prenne ses responsabilités, qu’il pense à des structures et des programmes de prise en charge des enfants en difficulté vis-à-vis de la loi », a réagi Najda Said Abdallah, présidente de l’association Mwana Tsi Wa Mdzima. 

Se pose la question de la sensibilisation dès la prime enfance, au niveau de l’école par exemple.  «Il faut aussi un programme de sensibilisation au niveau de l’éducation nationale, sur ce qu’est le viol, le consentement, les différentes formes de violence, cette disposition est prévue par la loi Fatah mais elle n’a jamais été appliquée », a regretté Najda Said Abdallah. 

Rien que sur l’île de la Grande Comore, le Service d’écoute a enregistré 135 cas de viol pour l’année 2019. Ce 29 janvier, il a été saisi pour 3 cas de viol, des gamines de 12 et une adolescente de 17 ans. 


*Nom d’emprunt
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