Covid-19 : les filières respiratoires saturées en dix jours au Centre Hospitalier de Mayotte

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Des indicateurs en augmentation depuis une dizaine de jour font craindre le pire aux soignants et aux autorités sanitaires de Mayotte. 711 nouveaux cas ont ainsi été enregistrés en une semaine.

L’augmentation des cas avérés de Covid-19 s’observe également dans l’affluence de patients aux urgences. Pour le Dr Ludovic Iché, chef des urgences et du SAMU les filières respiratoires : la réanimation, la médecine et les urgences étaient quasiment vides de patients Covid. Mais la situation s’est dégradée en à peine une dizaine de jours:

« la situation s’est renversée avec une saturation des filières respiratoires notamment aux urgences ».

Dr Ludovic Iché, chef des urgences et du SAMU à Mayotte

Avec des indicateurs en augmentation, le Centre Hospitalier de Mayotte a du renforcer ses capacités en ouvrant sa première ligne de réponse. Une première ligne qui commence déjà à être saturée ; toutefois l’hôpital n’est pas encore en dépassement de ses capacités. Pour Ludovic Iché « le personnel fait face et reste vigilant ». Ludovic Iché explique par ailleurs qu’ils (les soignants) comptent sur l’aide extérieure nationale, civile et militaire, si la situation l'exige. C’est en tout cas une piste de réflexion sérieuse.

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Du 16 au 22 janvier, l’Agence régionale de santé Mayotte a enregistré 711 nouveaux cas, pour un total de 7.590 cas depuis mars dernier. Le taux ‘incidence, soit le nombre de cas pour 100.000 habitants et de 254,4 et un taux de positivité de 13,1%. A l’heure actuelle, le nombre de foyers de contamination encore actifs est de 9. Le nombre de tests réalisés en une semaine approche les six milles. Concernant les hospitalisations, 34 personnes y sont actuellement suivies dont une dizaine aux urgences et six patients Covid en réanimation. Mayotte qui déplore un nouveau décès, ce qui porte à 59, le nombre de personnes décédées des suites du Covid-19.

ambulance CHM

 

L’augmentation des cas correspond au retour des vacances scolaires avec des mouvements importants de la population. A la question de savoir si le variant sud-africain y est pour beaucoup dans l’augmentation des cas, Ludovic Iché, chef des urgences et du SAMU répond par la négative. Pour lui, les données à leur disposition ne montrent pas une prépondérance des cas liés au variant sud-africain. S’agissant du profil des patients Covid, on reste sur la même ligne que ce qui est observé en métropole et en Europe ; à savoir, des patients âgés avec des facteurs de risques comme l’asthme, l’obésité, des patients aux alentours de la soixantaine ; ce sont ceux-là, qui sont le plus touchés par le coronavirus.