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Député Boinali Saïd: " Il faut que le dialogue social se décentralise à Mayotte aussi bien au niveau du département que des collectivités locales."

A la veille de la grande manifestation sociale à laquelle prendront part les élus demain jeudi, le député Boinali Saïd, ancien leader syndical, appelle le département et les collectivités locales à créer un comité de travail pour construire le dialogue social à Mayotte.

DEPUTE BOINALI SAID (A GAUCHE)ET LE PRESIDENT DU CONSEIL DEPARTEMENTAL IBRAHIM SOIHABADINE RAMADANI © PHOTO : EMMANUEL TUSEVO :
© PHOTO : EMMANUEL TUSEVO : DEPUTE BOINALI SAID (A GAUCHE)ET LE PRESIDENT DU CONSEIL DEPARTEMENTAL IBRAHIM SOIHABADINE RAMADANI
  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le , mis à jour le

" Jusqu' ici, le dialogue social se faisait avec l’Etat... nous sommes dans la décentralisation, il faut que le dialogue social se décentralise. C’est, à mon avis, notre seul moyen pour construire ce pays, notre pays Mayotte.", a déclaré le député Boinali SAÏD, dans une interview accordée ce mercredi, au site d’actualités: « Mayotte 1ère.fr Actualités"

 
DEPUTE BOINALI SAÏD : Les élus politiques n’ont pas invité à un rassemblement. Ce sont les organisations syndicales qui ont invité les élus à prendre part à ce rassemblement. Certains élus iront, d’autres n’iront pas. Chacun répondra individuellement pour exprimer sa solidarité.
Moi je pense y aller, je vais exprimer ma solidarité puisque j’ai cru comprendre que c'est un problème interprofessionnel, économique, social culturel posé au grand jour. Donc, il faut, à mon avis, exprimer sa solidarité. Donc j’y serai.

 

" La question d’égalité réelle est discutable "

 
EMMANUEL TUSEVO : Les manifestants et les organisations syndicales revendiquent l’égalité réelle à Mayotte .Vous estimez que la question ne se pose pas en terme d’égalité réelle ?
 
DEPUTE BOINALI SAÏD : La question d’égalité réelle est très discutable. Moi, je parle de convergence. Ca, ce sont des mots. L’essentiel est que les gens aient quelque chose dans leur panier. Et puis, ce mouvement n’est pas contre un gouvernement et encore moins, le gouvernement de Manuel VALLS.
Si je veux exprimer ma solidarité, c'est parce que je pense que le mouvement est légitime. Il exprime des revendications réelles, ce n’est pas une revendication contre la loi de travail.
C'est une expression de souffrance de la population et d’expression de frustration des organisations syndicales par exemple les questions de retraite, de reconstitution de carrière, dossiers qui doivent être élaborés d' abord par le département, négocié avec les caisses de cotisation sociale et après transmis aux parlementaires  et au gouvernement.

 

" Il ne faut pas se tromper de méthode "

 
DEPUTE BOINALI SAÏD : Il ne faut pas se tromper de méthode ni d’endroit... organisations syndicales, le département, les caisses de sécurité sociale, les caisses de retraite et après, ce rapport technique est remis au gouvernement et par ailleurs aux parlementaires.
J’entends par ci par là parler du président de la république, non, ce sont les patrons publics et privés qui vont voir les caisses, leurs propres caisses où ils sont administrateurs et ces rapports sont transmis aux caisses nationales et aux ministères.

 

"Le MEDEF cherche à faire croire que la grève de 2011 constitue la source de l’enfer mahorais..."

 
EMMANUEL TUSEVO : Vous allez participer demain au rassemblement qui se prolongera peut être par une marche, ça va vous rafraîchir de beaucoup d’années, BOINALI SAÏD, syndicaliste qui a surtout marqué la vie de Mayotte avec la grève de 44 jours contre la vie chère... Comment voyez-vous les mouvements d’aujourd’hui par rapport à l’époque où vous portiez l’étendard syndical ?
 
DEPUTE BOINALI SAÏD : Je voudrais d' abord m’insurger contre cette tendance idéologique faire de 2011 le lieu de ce qui est l’enfer mahorais.
2011 s'est enfanté dans la douleur mais nous avons dit au préfet d’alors: ne faites pas de la brutalité policière, nous n’allons pas pouvoir garder ce mouvement. Maintenant, je pense que même s'il y a des barrages, les échanges se font entre les organisations syndicales, les services de police, la population dans un climat de palabre et la convivialité. Quand on n’agresse pas une partie, tout rentre dans l’ordre. Voilà la différence entre avant et maintenant.
Que le MEDEF trouve un bouc émissaire en 2011 alors que les problèmes de Mayotte sont là, n’ont pas été réglés, c'est son problème. Mais que le MEDEF ne vienne pas jusqu' à faire croire à tout le monde que BOINALI SAÏD et parfois même les élus de Mayotte chantent en chœur que 2011, ce qui est totalement absurde, si c’était le cas, on ne vivrait pas les cas d’aujourd’hui.
Donc, j’irai dans le mouvement demain, s’il le faut, je marcherai, ça me rappellera de très bons souvenirs. Il y a eu effectivement des mauvais souvenirs, mais retrouver les camarades militants, ce n’est pas une mauvaise chose, mais je dis bien, ce n’est contre le gouvernement mais c'est juste pour dire à la population que les élus savent entendre leurs frustrations et parfois leurs souffrances.

 

"Notre département n’a pas de programme économique "

 
EMMANUEL TUSEVO : Pour vous qui êtes devenu député, ce sont sûrement des bons souvenirs mais pour le mahorais lambda et sa famille, le panier de la ménagère coûte toujours très cher ?
 
DEPUTE BOINALI SAÏD : Je voudrais rappeler quelques éléments d’informations: Boinali Saïd seul ne peut pas gagner la lutte contre la vie chère quand on fait une indexation de l’octroi de mer  à des taux inaccessibles. D' accord ? Et ça, ça relève de la compétence du département.
Que le département dise aujourd'hui, je veux faire de la vie chère mon combat... Ca ne se gagne pas seul, autrement, si ce n’était que Boinali, le problème aurait été résolu puisqu' il y a la loi Lurel, la loi contre la vie chère qui fabrique même des paniers de la ménagère économiques. Mais on ne peut pas utiliser un  panier rien qu’avec des produits d’importations. Notre département, Mayotte, n’a pas de programme économique, encore moins les collectivités locales.

Nous devons investir et non attendre que tout vienne du gouvernement ...

 
 
DEPUTE BOINALI SAÏD : Comment voulez- vous dans un territoire comme que La Réunion, on ait entre 70 et 100 produits qui sont négociés, ici à Mayotte, on n’en est même pas à une dizaine de produits qui se négocient dans un panier. Donc , je suis d' accord de partager la responsabilité mais je suis également préoccupé par le fait que nous n' avons pas construit de modèle économique et ce n' est pas faute de l' avoir crié, donc j' en appelle aux uns et aux autres, département, collectivités locales pour que au lieu de dire que c'est Boinali qui a empoché la pactole parce qu' il est devenu député, qu' on se dise que nous aussi, nous devons être regardants sur l' économie locale parce que nous devons régulariser le foncier, nous devons attribuer de la terre aux paysans, nous devons réduire le taux d' impôts douaniers, nous devons investir et non attendre que tout vienne du gouvernement ... tant que tout le monde pense que rien que le gouvernement  qui peut aider Mayotte, je pense que Boinali ne saura pas résoudre ces questions.


 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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