Echos de campagne J-10

François Hollande sort de son silence : « Cette campagne sent mauvais » dit le président de la république. Il a livré quelques confidences, sans pour autant s’engager franchement.
François Hollande a livré quelques confidences dans une interview à paraître aujourd’hui dans l’hebdomadaire « Le Point »
Au départ, il n’était pas question que le président sortant s’exprime avant le deuxième tour
S’il a changé d’avis c’est probablement à cause de la percée spectaculaire de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages.
Sur Mélenchon il dit : «  Il y a un péril face aux simplifications, face aux falsifications, qui fait que l’on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte »
François Hollande redoute par-dessus tout un deuxième tour Le Pen-Mélenchon.
Sans appeler ouvertement  à voter Macron, le président s’inquiète de la percée de Mélenchon et semble avoir fait une croix sur le candidat socialiste, Hamon.
Interrogé sur Emmanuel Macron, François Hollande rappelle qu’il n’a pas découragé son ancien ministre quand celui-ci lui a dit vouloir créer un mouvement politique. « Je considère que la politique a besoin de renouvellement » dit-il.
Si le chef de l’Etat n’appelle pas – et n’appellera pas – à voter pour le fondateur d’ « En marche ! » avant le premier tour, il dit « faire confiance à l’intelligence des Français » dans l’isoloir.
C’est presque dit.
 
Ici à Mayotte, il y a des tensions chez les partisans d’Emmanuel Macron. Bacar Ali Boto vient d’annoncer, ce matin, qu’il démissionne de ses fonctions au sein du comité de soutien.
 
L’élu de Mamoudzou a envoyé un message à la référente d’Emmanuel Macron Sarah Mouhoussoune pour lui annoncer sa démission de son poste de directeur de campagne et son retrait du comité de soutien.
« J’ai apprécié globalement le discours d’Emmanuel Macron » écrit-il, « mais comme beaucoup de mahorais, je suis très déçu concernant sa réponse relative à l’immigration clandestine.
Pour rappel Emmanuel Macron avait dit ici qu’il n’était pas possible d’arrêter totalement l’immigration clandestine et qu’il fallait aider les Comores.
 
Mais ce n’est pas la seule raison invoquée par Bacar Ali Boto
 
L’élu s’insurge également contre l’intervention prévue à un meeting samedi prochain à Pamandzi de Daniel Zaidani. Sans le nommer le leader du MDM, Bacar Ali Boto proteste que l’on accorde une tribune à une personne mise en examen, en « violation flagrante, dit-il, des valeurs du mouvement « en Marche ! ».
Enfin il déplore la présence au comité de soutien de certaines personnes liées au dossier de la délégation de service du port de Longoni ; autrement dit Jacques Martial Henry.
Bref, des tiraillements qui ont un parfum de campagne législative… Mais ça c’est une autre histoire. On en reparlera après la présidentielle.
 
Malgré tout ça, Bacar Ali Boto reste un marcheur, toujours séduit par Emmanuel Macron
 
On l’a remarqué depuis le début de la semaine, Jean-Luc Mélenchon est la cible de toutes les attaques depuis sa remontée dans les sondages.
 
Jean-Luc Mélenchon est devenu la cible privilégiée de  ses adversaires. Un véritable tir de barrage. Sans surprise ce sont les candidats les plus menacés par sa percée qui attaquent le plus fort : Emmanuel Macron, François Fillon,  et même Benoit Hamon.
 
« Le révolutionnaire communiste, il était sénateur socialiste quand j’étais encore au collège ! Que veut-il nous faire croire ?" a lancé Emmanuel Macron, qui juge Mélenchon « résolument dangereux ».
 
Tandis que François Fillon renvoie dos à dos Mélenchon et le Pen: "Croyez-moi, ça n’est pas avec le programme communiste de M. Mélenchon et le retour au franc de Mme Le Pen que l’économie française va redémarrer".
 
Benoit Hamon attaque Jean-Luc Mélenchon sur  la sortie de l’Union européenne : "Le modèle qui se prépare est un modèle où l’on sera plus faible, je n’ai pas envie d’être dans un pays plus faible".
 
Même le journal « le Figaro » à tendance plutôt à droite s’y met : « le délirant projet du Chavez français » titrait hier le journal ; référence à l’ancien président Chavez – ami de Jean-Luc Mélenchon – accusé d’avoir ruiné son pays par des politiques anticapitalistes radicales.

Le plus anti-européen des candidats n’est pas celle que l’on croit. Il y a plus anti-européen que Marine le Pen : c’est François Asselineau. Il prône une sortie immédiate de l’Union Européenne et un retour au Franc sans délai.
 
Il est assez étonnant François Asselineau. Complètement inconnu avant la campagne, il parvient à rassembler des milliers de personnes dans ses meetings, et ses vidéos sur « Youtube » sont très suivies, même s’il reste bas dans les sondages. Il est à 1%, dans la marge d’erreur.
 
François Asselineau affirme qu’un retour au franc est faisable en trois jours. « Pendant un week-end «  dit-il « on met des coups de tampons sur les billets en euro et on en fait des billets en francs, en attendant d’imprimer les nouvelles coupures »
 
Selon lui, cela permettrait de faire baisser le nombre de chômeurs de 1 à 2 millions.
Pour lui, « Madame le Pen ne propose pas la sortie de l’UE, c’est une légende urbaine, elle veut renégocier les traités européens.
 
Rien de mieux que le sport pour être serein, c’est l’avis de François Fillon
 
Selon François Fillon, la course à pied et le vélo permettent d'être «un peu moins agressif avec ceux envers-qui on a envie de l'être». Le candidat des républicains était hier à Aix le Bains où il a rencontré une dizaine de sportifs de la région. Il leur a confié qu’il  pratiquait beaucoup la course à pied et le vélo... pour faire baisser son niveau d'agressivité.
  «Je continue de faire du ski, à courir, à faire du vélo, pour moi c'est absolument fondamental, en particulier dans les moments difficiles. Ces deux mois n'ont pas été entièrement sympathiques. «C'est un moyen de prévention» et un moyen de «se tenir en forme», a-t-il ajouté. «Quand je regarde les candidats à l'élection présidentielle, je pense que je suis le plus en forme et de loin», a-t-il également affirmé.

Le candidat socialiste Benoit Hamon, qui a dégringolé à moins de 10% dans les sondages ne perd pas espoir. Il prévoit un grand rassemblement à Paris.
 
Ce sera le 19 avril. Le candidat socialiste va organiser un rassemblement parisien Place de la République à quatre jours du premier tour, le vainqueur de la primaire va jeter ses dernières forces lors d'un discours sur cette place emblématique de la capitale, là où Jean-Luc Mélenchon, son rival à gauche, avait réussi une grande manifestation le 18 mars.
Le représentant du PS entend ainsi marquer les esprits et – selon son entourage – il veut contredire les "faiseurs d'opinion" qui prédisent sa défaite.
 
« Si l’élu ne me plait pas, je me casse !» 20% des français seraient prêts à s’expatrier selon le résultat de la présidentielle. Cette enquête a été publiée hier.
 
Partir vivre au bout du monde, plutôt que voir son pays subir les conséquences d'une élection présidentielle décevante, c'est le choix d'une partie des Français, à quelques jours du premier tour. Selon une enquête parue hier dans le journal « le Figaro »   20% des sondés envisagent de s'expatrier à l'étranger, suite à l'élection présidentielle. 

Les sondés ont répondu à la question : "Personnellement, dans quelle mesure envisageriez-vous ou non de déménager hors de France si le résultat ne vous convenait pas ?" 8% d'entre eux affirment "envisager tout à fait de déménager", 12% sont plus nuancés, mais seraient "plutôt" en faveur d'un départ. Sans surprise, la tranche d'âge 25-34 ans est prête à s'expatrier, alors que les plus de 55 ans n'envisagent pas de quitter la France. 
 
Il est nécessaire tout de même de préciser que cette enquête a été commandée par une compagnie spécialisée dans les déménagements ; elle n’est peut-être pas exempte de toute arrière-pensée publicitaire
Il faut savoir aussi que -élection ou pas-  200.000 Français quittent l'Hexagone chaque année, pour tenter leur chance à l'étranger. Un départ sur deux est avant tout motivé par des raisons professionnelles. 
 
 
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