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Echos de campagne J -17 : vue de Mayotte

Nouvel événement de la campagne hier soir c’était l’Emission Politique avec Emmanuel Macron sur France2. Le candidat de « En Marche ! » s’en est bien sorti, si l’on en croit les réactions des téléspectateurs sondés par la chaîne.

  • Par Chamsudine Ali
  • Publié le
De toute la série des invité de l’émission politique, Emmanuel Macron est celui qui obtient les meilleurs scores : Il a été jugé convainquant par 47% des sondés, détronant Marine le Pen qui avait convaincu 41%. Ce sont surtout les sympathisants socialistes qui le trouvent convainquant à 66% et 41% des sympathisants de droite.
Et puis à la question, ferait- il un bon président ? Il est le  premier à dépasser les 50% , Marine le Pen avait culminé à 38%, François Fillon 33%, Benoit Hamon 37, Jean-Luc Mélenchon 36 et François Fillon 33.
 
(On arrête un peu avec les chiffres) L’émission a permis surtout de cerner la personnalité d’Emmanuel Macron
 
A plusieurs reprises, tout au long de l’émission, le candidat a révélé son mode de pensée. Les journalistes ont relevé une formule qu’il emploie constamment « Je dit ceci, mais en même temps, je pense cela ». Une impression de vouloir toujours faire la thèse et l’anti-thèse.
Son contradicteur, le filloniste Bruno Retailleau l’accuse de voler en zig zag. Une professeure d’histoire l’a interpellé sur sa petite phrase,  «  le colonialisme, crime contre l’humanité » pour laquelle il s’était ensuite excusé.
Et l’humoriste Charline Vanhoenacker en fin d’émission lui a offert un maillot de sport réversible, bleu d’un côté pour aller avec la droite et rouge de l’autre pour aller avec la gauche.
On  pu relever aussi un tic de langage : à chaque fois qu’il doit contredire un interlocuteur, sa réponse est précédée d’un « pardonnez-moi de vous le dire » qu’il a formulé une vingtaine de fois, on pourra penser que c’est une formule de politesse.
 Il ne s’est pas laissé déstabiliser par l’invité surprise le journaliste François Rufin qui a tenté de le harponner sur ses supposées préférences  pour le patronat plutôt que le monde ouvrier.
Enfin, il a dit qu’il ne sera pas un « président normal » dans le sens où François Hollande le disait et qu’il ne fréquenterait pas les journalistes une fois à l’Elysée.
 
Enfin, Interpellé par un élu de Guyane, il n’a pas voulu s’engager sur les revendications des manifestants guyanais
 
« Je n’articulerai pas un chiffre de 2 milliards de plus ce soir, je n’ai pas tous les détails de ce plan. Mais je veux poursuivre la discussions avec les forces vives guyanaises »
Emmanuel Macron n’a d’ailleurs pas réitéré ce qu’il avait dit ici à Mayotte, l’engagement d’un milliard d’Euros pour l’outre-mer utilisé en priorité pour La Guyane et Mayotte. Et pour cause : la révolte guyanaise a conduit l’actuel gouvernement sortant à donner plus à la Guyane que cette promesse initiale du candidat Macron.
 
Le premier sondage réalisé après le débat télévisé des 11 candidats mardi soir n’a pas bouleversé l’ordre de préférence, mais les scores se resserrent.
 
Marine le Pen et Emmanuel Macron font désormais jeu égal, avec 23.5% d'intentions de vote. François Fillon est troisième avec 19%, il voit Jean-Luc Mélenchon se rapprocher de lui, à 17%.

Emmanuel Macron enregistre une baisse de deux points, tandis que Marine Le Pen recule d'un demi-point. En troisième position, François Fillon gagne à nouveau un point à 19%. Jean-Luc Mélenchon crédité de 17% (+2), continue sa forte progression (+7 points en deux mois). Le leader de La France insoumise n'est plus très loin de François Fillon, et creuse encore plus l'écart avec le socialiste Benoit Hamon qui est descendu en dessous de la barre des 10% (9%)Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan est stable à 4,5%, devant Philippe Poutou, qui progresse d'un point à 1,5%, ainsi que le centriste Jean Lassalle (1%, =) et la candidate de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud(1%, +0,5), les autres candidats François Asselineau et Jacques Cheminade étant crédités de moins de 0,5% chacun.
 
Un autre sondage IPSOS réalisé pour nos confrères de Réunion 1ère et du journal de l’Ile de la Réunion a été publié hier.
Les électeurs réunionnais sondés  donnent 26% à Emmanuel Macron, 21% à Marine le Pen, 16% à François Fillon, 12 à Jean-Luc Mélenchon, et seulement 7% à Benoit Hamon.

François Fillon passe à l’offensive… et à la menace. Le candidat du parti Les Républicains a prévenu qu’il comptait poursuivre en justice,  le jour venu, tous ceux qui sont à l’origine  de la révélation de l’affaire sur l’emploi présumé fictif de son épouse.
 
François Fillon s’exprimait  hier sur la radio France Inter « Cette opération a été montée, je le prouverai » a-t-il déclaré « J’ai les dates, les jours, les personnes qui ont communiqué ces documents. Ça viendra, le moment venu, je poursuivrai tous ceux qui sont à l’origine de cette affaire. C’est vrai que j’ai mal dormi. Ceux qui sont à l’origine de cette affaire ne dormiront pas bien à l’avenir. »
« Ça fait deux mois et demi qu’on m’empêche de faire ma campagne », a encore lâché M. Fillon.
 
Et une nouvelle fois François Fillon met directement mis en cause François Hollande et son entourage.

Selon le candidat de la droite, les documents qui ont permis aux journalistes du Canard enchaîné de révéler les affaires qui le visent « viennent d’un service de l’Etat » : « ce ne sont pas eux qui les ont cherchés, on leur a apporté. »
« On est devant des pratiques qui ne sont pas démocratiques, a souligné M. Fillon. Ce n’est pas la justice qui est en cause, c’est ceux qui la manipulent. »
Le candidat avait déjà mis en cause le chef de l’Etat et son supposé « cabinet noir »
 
Le porte-parole du gouvernement a immédiatement réagi à ces propos de François Fillon
 
 Les nouvelles accusations de M. Fillon ont fait réagir Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement et proche de François Hollande. « Encore une fois, on est dans une volonté de suspicion, d’insinuation », dit-il; une manière de faire de la politique qui n’est pas à la hauteur de ce que doit être un engagement pour gouverner un pays   Il a insisté sur l’indépendance de la justice, renforcée selon lui durant le quinquennat Hollande :
« La justice est indépendante et il n’y a jamais eu de cabinet ni noir, ni gris, ni blanc ni jaune » déclare Stephane le Foll
Emmanuel Macron enregistre un nouveau ralliement à gauche, celui de l’ancien ministre socialiste Daniel Vaillant
 
Daniel Vaillant a été ministre de l’intérieur sous Lionel Jospin et pour justifier son ralliement à Emmanuel Macron il avance les mêmes arguments que Manuel Valls : Je ne veux pas avoir à choisir entre François Fillon et Marine Le Pen au second tour de la présidentielle » explique-t-il dans une interview au journal « Le Monde »,  Je ne voudrais pas revivre un « 21 avril 2002 » quand, au soir de l’élimination de mon ami Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle, il a fallu appeler à voter Jacques Chirac pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen ! Je pense qu’Emmanuel Macron est le plus à même de nous prémunir contre une victoire de l’extrême droite.


 

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