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Une grève de plus au Conseil Départemental pour corriger les injustices dues à la gouvernance de Soibahadine Ibrahim Ramadani.

Les agents du Conseil Départemental ont entamé, lundi 11 septembre 2017, une grève pour réclamer le respect et l'application du protocole signé en septembre 2016, mais aussi pour dénoncer les irrégularités et le favoritisme dans les recrutements après la réorganisation de la dite administration.

© PHOTO : MAYOTTE 1ère : PRESIDENT SOIHABADINE RAMADANI
© PHOTO : MAYOTTE 1ère : PRESIDENT SOIHABADINE RAMADANI
  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le
Les revendications des grévistes portent sur le régime indemnitaire , à savoir le maintien des acquis de chaque agent.

S'agissant de la reconstitution des carrières, ils réclament la prise en compte de l' ancienneté générale des services.

Ils ne démordent pas sur l'application de tous les points inscrits dans le protocole d' accord de septembre 2016, principalement:

-La mise en place de la mutuelle

-La mise en place d'une procédure de recrutement transparente

-La révision de la nouvelle réorganisation des services, adoptée en dépit de tout dialogue social

-Les dysfonctionnements des instances représentatives du personnel notamment le comité technique

- L'amélioration des conditions de travail

Enfin, la communication du bilan social.

Cette grève relance les questions de procédure et de respect des règles sur la composition de l'organigramme teinté, selon beaucoup d'agents et de cadres, d'un manque de transparence, de manque de dialogue social.

Certains n'hésitent pas à parler " d'injustices dues à la gouvernance partisane du Président du Conseil départemental, Soibahadine Ramadani."

Ils rappellent à ce sujet l'assemblée plénière du 23 février 2016 au cours de laquelle le rapport du président pointait "Les faiblesses de l'administration départementale et de l' encadrement (intermédiaire et supérieur)...

"Ces faiblesses sont réelles; elles se conjuguent à une inadéquation, dans des proportions significatives, de postes à responsabilités occupés sans que les titulaires ne disposent forcément, à ce stade, des compétences ou expériences requises...", soulignait Ibrahim Soihabadine dans son rapport.

Pour le Président du conseil départemental, "la réorganisation proposée de l'organigramme s'inscrivait dans cette démarche d'amélioration continue du fonctionnement des services départementaux. Ces remaniements devait bien évidemment intégrer la perspective des prochains transferts de compétence: routes, collèges, lycées, voire transfert de l' autorité de gestion de la prochaine génération des programmes opérationnels européens, qui constituent donc les challenges à venir." précisait-il dans son rapport du 23 février 2016.

Or, dès la publication du nouvel organigramme, agents et cadres découvrent la vraie préoccupation du Président. Beaucoup de nominations ne sont pas conformes, selon eux,  ni au profil notamment en ce qui concerne les critères de compétences et d'expériences clamés par le président du Conseil départemental, ni au respect des procédures puisque, selon les agents aucun entretien d’embauche n’a été effectué.

"Il a nommé ceux qui avaient été écartés en préambule et 80% de nominations ne répondent pas au vote de l'assemblée sur la création des postes, vote du 26 février validé par la préfecture le 11 mars 2016"

Ils étayent leurs griefs par le décryptage de chaque poste. Lorsqu' ils comparent  le profil et le CV du candidat recruté, ils constatent ainsi poste par poste des discordances suivantes :

Pour le poste Poste 1 : DGA Solidarité : aucune contestation.

Poste 2 : DGA Ressources humaines.
Des aptitudes de directeur étaient exigées. Deux personnes répondaient aux critères mais c'est le troisième, niveau attaché simple, Licence AES qui a été nommé. Les contestataires de cette nomination soulignent que ce dernier a passé ou tenté 3 fois le concours d'attaché principal sans succès. Ils se demandent comment un attaché simple nommé DGA va noter ses agents plus gradés que lui alors qu’eux ont réussi le concours d'attaché principal que leur chef a raté 3 fois et a été éliminé. Comment pourrait-il coordonner une administration complexe sans avoir la compétence suffisante pour motiver les décisions et protéger les actes ?

Poste 3 : DGA Enfance : Sans contestation.

Poste 4: DGA Economie : Aucune contestation.

Poste 5 : DGA  Aménagement. Exigences : Ingénieur en chef . Entre différents candidats, c'est un ingénieur simple qui a été nommé alors qu' il y avait des ingénieurs principaux.

Poste 6: Chargé de missions : Pas de contestation.

Poste 7: Délégué Réunion Paris. Aucune contestation pour l' un. C'est un attaché principal qui a été nommé même s'il n'était pas candidat.

 A Paris, un contractuel a été nommé au détriment d'un fonctionnaire.

Poste 8 : Directeur des ressources terrestres. Un ingénieur simple a été nommé au détriment d'un ingénieur principal.

POSTE 9 : Directeur ... Transports maritimes. Exigences : ingénieur principal. C'est un contractuel qui a été nommé au détriment d'un ingénieur principal.

POSTE 10 : Directeur de la DASU. Les contestataires disent qu'on a nommé un attaché stagiaire au détriment d'un attaché principal.

POSTE 11: Directeur de développement économique. Un attaché stagiaire a été nommé au détriment d'un directeur.

Poste 12: Directeur de la culture et du patrimoine. Nomination d'un attaché au détriment d'un chevronné huitième échelon.

Poste 13: Directeur de l'apprentissage. Exigences: attaché principal et directeur. Un attaché stagiaire a été nommé au détriment d'un attaché titulaire.

Poste 14: Ressources humaines. Exigences: attaché principal ou directeur. C'est un attaché stagiaire qui a été retenu au détriment d'une attachée principale.

POSTE 15: Directeur de l'aménagement et de l'urbanisme. Exigences : Attaché principal. Un attaché simple a été nommé au détriment d'un attaché principal.

POSTE 16: Directeur des affaires foncières. Exigences: ingénieur principal. Un contractuel a été retenu au détriment de 2 ingénieurs principaux.

 Selon les contestataires, on peut multiplier les démonstrations mais bref, tout cela prouve que le président du conseil départemental n'a pas accordé ses paroles à ses actes.

DIMINUTION DES SALAIRES:

Les grévistes déplorent que la décision de diminuer les salaires ait causé un chamboulement sans précédent au sein de l’administration. Les conséquences s’avèrent nocives : une perturbation de l’ensemble des services et davantage ceux dont les directeurs ne correspondent pas au profil.

L’autre argument avancé par Soibahadine Ibrahim était une diminution du salaire. Sur ce point constat est fait que de nombreux agents ont vu leur salaire baissé soudainement alors que d’autres, obtiennent des revalorisations souvent excessives et sans motivation.

De nombreux agents s’en remettent au tribunal administratif TA et les plaintes pleuvent au Conseil
Départemental. Une majorité d’agents affirment ne plus se sentir concernés, ils confient leur démotivation et dénoncent un mépris du pouvoir de Soibahadine Ibrahim à leur égard. Certains vont jusqu'à dire : " Avons - nous un Président ou un Méprisant du Conseil départemental ? "

" On se demande avec un tel chamboulement, une telle désorganisation, comment Mayotte peut-elle réussir à assumer ses ambitions sociales et économiques ? A noter d’ailleurs, qu’au bout de trois ans de présidence, aucun projet n’a encore été réalisé par la nouvelle majorité. Il est permis de se demander qui arrêtera le chaos Soibahadine Ibrahim Ramadani.", se demandent - ils.

EMMANUEL TUSEVO DIASAMVU

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