publicité

Grève chez TOTAL Mayotte : nouvel échec de négociations Jeudi 17 août 2017

Les négociations entre la direction de TOTAL et l’Intersyndical FO – CGTMA ont tourné court.
Les syndicats ne démordent pas sur leur principale revendication d’une augmentation générale des salaires de 15%. La direction ne l’entend pas de cette oreille.

© PHOTO : EMMANUEL TUSEVO DIASAMVU
© PHOTO : EMMANUEL TUSEVO DIASAMVU
  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le , mis à jour le
Après 2 heures et demie d’échanges, les leaders syndicaux ont quitté la table de négociations dans les locaux de la DIECCTE à Mamoudzou, chef-lieu du département.

" La négociation n’a que de nom négociation.C'est un vain mot ici à la DIECCTE. Nous avons trouvé un employeur qui joue un mauvais jeu parce qu’il affiche beaucoup de mépris. Nous avons proposé, comme hier, une augmentation générale des salaires de 15% et comme il nous avait promis hier qu’il allait nous faire une proposition en ce sens, on a écouté ses propositions. L’ennui est qu’il n’y a pas de proposition.", a déclaré El Anziz Hamidou, porte parole de l’Intersyndicale FO-CGTMA
à Mayotte 1 ère Télévision .

Le directeur général de Total Mayotte, Nicolas Favre déclare pour sa part avoir fait des propositions.

"Nous, on a fait des propositions. Maintenant ils les ont étudiées, c'est à eux de réfléchir.", a-t-il affirmé.

Toute l’économie du département est paralysée. Il devient de plus en plus difficile de se déplacer dans l’île. A l’approche de la rentrée scolaire, les usagers peinent à se rendre au chef-lieu du département Mamoudzou pour des formalités et des achats des fournitures scolaires.

L'enlisement de cette grève provoque d’importantes perturbations pour l’économie de l’île. Au niveau des  ramassages des ordures ménagères par exemple, le  SIDEVAM, Syndicat intercommunal d'élimination des déchets, n’arrive plus à assurer ses missions faute de provision suffisante de carburant pour ses véhicules même si ceux-ci sont classés prioritaires par l’arrêté préfectoral de réquisition.Les poubelles s’entassent sur les trottoirs et dégagent des odeurs pestilentielles incommodantes pour les habitants.
Le SIDEVAM fait appel au sens civique de la population et l'invite à ne pas sortir les poubelles et à recourir le plus possible au tri sélectif. 
© PHOTO : EMMANUEL TUSEVO DIASAMVU
© PHOTO : EMMANUEL TUSEVO DIASAMVU

Un élu, Conseiller départemental de Mamoudzou, Chaboudine Ben Youssouf, demande au préfet de Mayotte,Frédéric Veau et au président du Conseil départemental, Soibahadine Ibrahim Ramadani, de trouver un palliatif à la situation de monopole de TOTAL dans l’île.

Thierry Galarme, président du Medef Mayotte demande au préfet d’étendre l’arrêté de réquisition
à tous les véhicules assurant la livraison de denrées alimentaires essentielles à la vie des citoyens, à tous les véhicules du BTP - la livraison de chantiers publics déjà retardée par d’autres conflits étant une nécessité impérieuse -, aux véhicules de transports scolaires (à quelques jours de la rentrée), aux véhicules des entreprises de sécurité privée concourant à la sécurité des personnes et des biens aux côtés des forces de l’ordre et au delà, à  tous les véhicules commerciaux (sur présentation d’un Kbis) qui font fonctionner une économie déjà en plein marasme, car le MEDEF Mayotte ne se voit pas faire la liste des entreprises utiles et des entreprises inutiles. Toutes sont utiles à l’économie de l’île  et à la vie quotidienne de la population.
 
« L’économie d’une île forme un tout : nous vous demandons que tout véhicule commercial
(sur présentation d’un K-bis) ait accès au carburant pour que notre économie fonctionne et que nos entreprises soient en mesure de payer leurs salariés, leurs charges sociales et leurs impôts, bref d’exercer librement leur métier dans un pays libre », souligne Thierry Galarme.

EMMANUEL TUSEVO DIASAMVU





Sur le même thème

L'actualité la 1ère partout et à tout moment
Téléchargez l'application La 1ère
  • AppStore
  • Google Play