L'actualité régionale 1er Mars

océan indien
hôpital Comores
©Faïza Soulé Youssouf

COMORES

Le pic de la deuxième vague épidémique semble être passé, on ne comptait plus que trois malades hospitalisés en fin de semaine dernière

Il y a dix jours, le personnel soignant  de l’hôpital de Samba, entièrement dédié au Covid, était débordé avec une centaine de patients. On y vidait les bonbonnes d’oxygène à un rythme inquiétant. Les plus faibles mouraient. Aujourd’hui le calme est revenu. Vendredi dernier il n’y avait plus que trois malades dont l’état n’inspirait pas d’inquiétude. Interrogé par le journal « Al-Watwan », le docteur Ibrahim Djabir, coordinateur de la lutte anti Covid reste cependant prudent : « Je ne peux affirmer avec certitude que l’épidémie recule vu que nous testons moins», dit-il. Selon lui : « la maladie est toujours là, il ne faut pas baisser la garde ». Il y a aussi des malades qui ne meurent pas à l’hôpital. Il n’en reste pas moins que la vie reprend son cours peu à peu. Les universités ont rouvert, les écoles vont suivre. Les autorités religieuses envisagent une réouverture des mosquées d’ici trois semaines. Le démarrage d’une campagne de vaccination va se mettre en place avec le vaccin chinois Sinopharm. En attendant les gestes barrières restent fortement recommandés. La situation épidémique à Mayotte semble être un effet de la même vague passée par les Comores.

 

 

MADAGASCAR

les médecins alertent sur une augmentation du nombre de cas graves dans les hôpitaux

« Des malades arrivent dans un état comateux » affirme un médecin du CHU d’Antananarivo. Les hôpitaux ne sont pas encore débordés mais cette montée laisse craindre la venue d’une nouvelle vague. Faute de moyens, et faute de décision surtout, Madagascar ne s’est pas lancée dans la détection des variants du virus. Il n’y a pas de reconfinement en vue. Le président Andry Rajoelina écarte cette option, comme il écarte toujours l’idée d’importer des vaccins. L’île de Nosy-Bé est particulièrement touchée. De nouvelles restrictions s’appliquent comme la fermeture des marchés dès 15h00 pour désinfection, interdiction des rassemblements, mais l’aéroport reste ouvert au trafic international. Les autorités malgaches ont fait le pari de laisser Nosy-Bé ouverte au tourisme.  

 

 

SRI-LANKA

Les musulmans ont eu gain de cause : les autorités ont renoncé à l’incinération obligatoire des victimes du Coronavirus

Des familles musulmanes sri-lankaises avaient fait remonter leurs protestations jusqu’au Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies. C’est le 1er ministre du Pakistan qui a fait reculer le gouvernement sri lankais. Il est venu en visite deux jours à Colombo la semaine dernière. Des musulmans ont profité de sa présence pour manifester avec des pancartes, proclamant leur droit à enterrer leurs morts selon les préceptes du Coran. Quelques heures plus tard, Imran Khan, le premier ministre pakistanais, saluait la décision sri-lankaise de renoncer aux incinérations.  Même s’ils ne sont que 10% de la population, les musulmans représentent plus de la moitié des 450 morts du Covid recensés au Sri Lanka. Sans doute parce qu’ils renonçaient à être testés et hospitalisés de peur d’être incinérés.

 

 

TANZANIE

une bien étrange collecte a lieu à Dar-es-Salaam : une entreprise pharmaceutique taiwanaise recueille les urines des femmes enceintes pour en faire des médicaments

Il s’agit d’extraire les hormones chez les femmes enceintes pour fabriquer un remède contre l’infertilité. Cela n’est pas simple d’organiser la collecte, il y a beaucoup de tabous autour de ces prélèvements. C’est donc en toute discrétion que des femmes enceintes d’au moins deux mois sont « recrutées ». En échange de leurs livraisons quotidiennes de flacons, les collecteurs leur donnent du riz, du sucre, de la farine. Cet échange permet de recueillir actuellement deux à trois bidons de 20 litres par jour qu’il faut ensuite exporter vers les laboratoires. C’est très insuffisant pour une production industrielle. L’activité veut s’étendre à tout le territoire de la Tanzanie.

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