L'actualité régionale 22 Avril

océan indien
Jacques Billant, préfet de La Réunion.
"Au regard de la situation, je vais demander au gouvernement de me confier des pouvoirs accrus" a déclaré Jacques Billant en précisant qu'il envisage de "remettre en place le couvre-feu". ©Imaz Press

LA REUNION

Il n’y a pas de reconfinement à la Réunion, mais des mesures de restriction prolongées jusqu’au 7 mai. Les motifs impérieux pour voyager deviennent légèrement moins stricts

Le préfet de la Réunion Jacques Billant a reconnu que le département est « en meilleure posture qu’il y a trois semaines, ce qui nous permet de ne pas prononcer de mesure de confinement ». Le taux d’incidence est de 107.  Les restrictions actuelles sont simplement prolongées pour deux semaines : couvre-feu de 18h00 à 5h00, fermeture des restaurants, des grandes galeries commerciales, des salles de sport. On réfléchit à une réouverture des restaurants en terrasse uniquement. Une décision sera prise la semaine prochaine. Pour les « motifs impérieux » exigés pour voyager, ceux qui vont assister à l’enterrement d’un proche n’auront plus à déposer un dossier en préfecture 6 jours avant. Il leur suffira d’apporter une preuve à l’aéroport. La visite à un conjoint sera aussi considérée comme un motif impérieux. Côté vaccination, les Réunionnais ont beaucoup de moins de chance que les Mahorais, seuls les plus de 55 ans ont accès au vaccin pour le moment.

 

 

MADAGASCAR

A Antananarivo certains hôtels affichent complet. Qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas un afflux de visiteurs : Plusieurs hôtels ont été médicalisés, leurs chambres transformées en chambres d’hôpital pour faire face à l’augmentation des cas de Covid

L’hôtel le Pavé, le Live Hôtel, ou encore le Tsanga Tsanga sont des établissements connus des habitués de Tana. Leurs chambres ont été métamorphosées. A côté du lit, on trouve une bombonne d’oxygène, un masque respiratoire est posé sur la table de nuit, une potence pour les perfusions… Ces hôtels médicalisés sont censés recevoir les malades les moins graves, qui souffrent certes de difficultés respiratoires mais n’ont pas besoin d’être intubés et placés en réanimation. Les hôpitaux sont pleins, les centres spéciaux appelés CTC-19 le sont également, et en quelques jours les chambres d’hôtels aussi. Pourtant ces chambres médicalisées sont payantes, pas loin de 20 euros la nuit  sans aucun service de repas, les malades doivent y rester au moins dix jours. C’est très cher pour la majorité des malgaches. L’Etat a commandé 2000 bonbonnes d’oxygène supplémentaires pour ajouter des capacités d’accueil. Il est prévu d’installer des malades moins fortunés dans des écoles réquisitionnées.

 

 

MOZAMBIQUE

Total arrête les frais au Mozambique. Le géant pétrolier français a suspendu des contrats avec deux sociétés de construction qui travaillaient sur le projet gazier

C’est la confédération du patronat mozambicain qui l’annonce. Un contrat est stoppé avec un constructeur italien qui était chargé de construire des hébergements, et une société portugaise qui devait construire un aéroport sur la péninsule d’Afungi assaillie par les rebelles se réclamant du djihad. Cette mise en pause du chantier a un coût social et financier énorme. 410 entreprises employant 56 000 salariés sont impliquées dans ce projet. Pour l’heure il n’est question que de geler le chantier mais pas d’abandonner définitivement. C’est le plus grand site d’exploitation de gaz du monde ; plusieurs pays sont engagés dans sa construction. Une énorme responsabilité pèse sur les épaules des dirigeants mozambicains censés ramener la paix dans cette province ravagée par la guérilla depuis plus de trois ans.

 

 

SRI-LANKA

Dans le genre dérapage, il est difficile de faire pire que le ministre sri-lankais des transports : Il a carrément appelé le  Président de la République à « faire aussi bien qu’Adolf Hitler » contre les minorités tamoules et musulmanes

Et ce dans une conférence de presse devant micro et caméras ! Ce ministre s’appelle Dilum Amunugama. Faisant allusion aux rapports avec les Musulmans et les Tamouls ; il a déclaré : « Mêmes les moines bouddhistes le pensent, si le président se comporte comme Hitler personne ne lui en voudra ». Malgré cette sortie tonitruante, le président sri-Lankais n’a pas pris ses distances avec son ministre. Seul le porte-parole du gouvernement a simplement dit que c’était « une opinion personnelle qui n’engage pas le gouvernement ». C’est tout. Cela déclenché une réponse toute diplomatique de l’ambassade d’Allemagne. L’ambassadeur suggère dans un tweet que « Hitler n’est pas un bon modèle politique, puisqu’il est responsable de la souffrance de millions de personnes ».

Il faut remettre tout cela dans le contexte du Sri Lanka qui a placé à sa tête un président, Gotabaya Rajapaksa, surnommé « Terminator », aux idées bien arrêtées ; passablement extrémistes, il partage le pouvoir avec son frère premier ministre. Tous deux sont des ultra-nationalistes de religion bouddhiste.