L’actualité régionale du 13 janvier

océan indien
Or saisie aux Comores
©Capture d'écran L'Express de Madagascar
Les justices malgache et comorienne discutent du sort réservé aux contrebandiers, la lutte contre l’immigration clandestine en Afrique du Sud, des vaches laitières françaises à Madagascar, et un rat démineur à l’honneur en Tanzanie sont au sommaire de l’actualité régionale

COMORES

L’affaire des lingots d’or de Madagascar interceptés aux Comores n’a pas fini de faire des vagues. Des voix s’élèvent contre l’éventuelle extradition des deux ressortissants malgaches arrêtés, et aussi contre le régime Azali accusé par certains opposants de tremper dans cette affaire de contrebande

Une délégation du ministère malgache de la justice au plus haut niveau, conduite par le ministre en personne, s’est rendue à Moroni pour négocier l’extradition de deux ressortissants malgaches arrêtés en fin d’année dernière alors qu’ils s’apprêtaient à embarquer 50 kilos d’or à dans un jet privé à destination de Dubaï. Un avocat du barreau de Moroni, maître Aicham Itibar, dit son opposition à toute extradition. Dans un texte publié hier il explique que Madagascar ne respecte pas les droits des détenus et pratique la torture. Il dit que les Comores sont signataires des conventions internationales pour le respect des droits humains et ne doivent pas les extrader. Mais côté comorien, on a une dette envers Madagascar qui, l’année dernière, avait extradé sans discuter vers les Comores le dénommé Bobocha accusé de tentative d’attentat contre le président Azali. Enfin dans le camp de l’opposition, un groupe intitulé « front commun contre la dictature » accuse les hauts dignitaires du régime d’être impliqués dans ce trafic d’or.

AFRIQUE DU SUD

Les difficultés de la lutte contre l’immigration illégale ne sont pas sans rappeler celles que l’on connait à Mayotte. Les autorités ne savent plus comment contenir le flot des clandestins du Zimbabwe et du Mozambique

A chaque période de fin d’année en Afrique du Sud, des milliers d’immigrés sans papiers se font reconduire volontairement à la frontière pour passer les fêtes chez eux et reviennent clandestinement pour reprendre le travail. Le ministre sud-africain de l’intérieur s’est rendu ces derniers jours à la frontière

du Zimbabwe pour assister à ce va-et-vient incessant. « C’est une perte de temps et d’argent, c’est un cercle vicieux » déplore-t-il. Cette situation de panier percé se vérifie chaque jour. Il arrive qu’un même immigré se fasse reconduire trois fois à la frontière en l’espace de deux jours et il revient encore. La comparaison avec Mayotte s’arrête là car entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe il n’y a pas d’océan à traverser, juste une rivière assez facilement franchissable. Certains se présentent carrément au poste frontière au pont de Beitbridge en donnant un bakchich au passage.

MADAGASCAR

Les vaches laitières importées de France par l’Etat malgache sont à vendre. Elles devraient faire augmenter la production de lait dans la grande-ile

Sur les 165 vaches normandes et montbéliardes qui ont fait le voyage en avion vers la grande-île, 71 sont mises sur le marché. Le prix n’est pas négociable : 10 millions d’Ariary la vache, cela fait environ 2 200 euros. Les éleveurs peuvent acheter à crédit. On attend de ces bovins qu’ils augmentent la production locale de lait. Une seule de ces vaches produit 30 à 40 litres par jour, dix fois plus que la femelle du zébu local. La production de la grande île plafonne à 100 millions de litres annuels, alors qu’on en consomme 140 millions. Depuis leur arrivée à l’aéroport en octobre l’année dernière, certaines de ces vaches françaises ont donné naissance à des petits ; il y a 18 nouveaux dans le troupeau. Les importations vont se poursuivre au gré des ventes.

TANZANIE

C’est un autre animal qui est mis à l’honneur en Tanzanie. Il s’agit …d’un rat ! Il est mort après avoir rendu de grands services

Ce n’est pas une blague, ce rat a même un nom : il s’appelle Magawa. Il faut savoir qu’en Tanzanie on élève des rats qui sont entraînés à détecter des explosifs sur les champs mines. Magawa a œuvré sur une multitude de champs de batailles des guerres du Congo, il est allé en mission jusqu’en Asie, au

Cambodge et au Laos. Un véritable vétéran qui a réussi l’exploit de revenir vivant et de mourir chez lui de sa belle mort. Il est mort de vieillesse à l’âge de huit ans. Ca ne vit pas très longtemps, un rat. Mais c’était une vie bien remplie, il avait même obtenu une médaille à son retour au pays.