Affaire Sambi : L’ancien président Ahmed Abdallah Sambi sera jugé à partir de ce lundi

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Ahmed Abdallah Sambi
Ahmed Abdallah Sambi ce lundi 21 novembre 2022 ©Ibrahim Youssouf
Un procès retentissant débute ce lundi matin au palais de justice de Moroni : l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi, au pouvoir entre 2006 et 2011, sera jugé pendant deux jours pour «haute trahison », devant une Cour de Sûreté de l’Etat dont les verdicts sont sans appel

L’ancien président Sambi a passé plus de  quatre ans et demi en détention préventive sous l’inculpation de détournement de fonds. Une détention illégale, puisque la loi fixe un délai maximum de 8 mois. Il est resté enfermé sous bonne garde dans sa maison de Moroni transformée officiellement en « annexe de la prison ».  

« Il n’a été interrogé que quatre fois pendant un quart d’heure » dit l’un de ses avocats, maître Jean-Gilles Halimi du barreau de Paris. L’instruction portait sur un présumé détournement des fonds. Un défenseur affirme que ses comptes et ceux de ses enfants ont été fouillés, « on n’a rien trouvé, aucune preuve ».

« Si les juges condamnent Sambi, ils devront en répondre un jour »

Alors l’inculpation a changé, il sera finalement jugé pour « haute trahison ». Le problème est que cette infraction n’existe pas dans le code pénal comorien. Qu’importe, dans l’acte d’accusation il est écrit qu’il faudra « faire une construction juridique de cette notion ».

Maître Halimi raconte : « j’ai déjà eu à défendre par le passé des dissidents polonais sous la dictature du général Jaruzelski en Pologne, eh bien aux Comores c’est pire ». Cet avocat a l’intention de prévenir les juges de la cour de sûreté de l’Etat, tous nommés par Azali, qu’ils vont se mettre eux-mêmes dans l’illégalité s’ils condamnent Sambi, et qu’ils devront en répondre un jour.